La secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, a rapidement réagi hier, en milieu de journée, à la réunion organisée quelques heures plus tôt par le mouvement dit des « redresseurs » du Parti des travailleurs à Alger à l’hôtel Mazafran. Un « acte criminel » d’un « ramassis de quelques dizaines de personnes » « extérieures au PT », selon la responsable politique, qui a dénoncé « l’utilisation du nom et du slogan du Parti des travailleurs ».

Par Nadir Kadi
Mme Hanoune, qui annonce ainsi qu’une réunion des « instances dirigeantes » du PT sera organisée sur la question « dans les 72 heures maximum », une nouvelle conférence de presse devrait également être animée aujourd’hui dimanche au siège du parti. La démarche du mouvement des redresseurs » avait, pour rappel, été qualifiée, mercredi dernier, de « tentative de putsch » par la responsable du PT. Hier, Louisa Hanoune a fait savoir que « certains » participants à la réunion étaient d’anciens militants, cadres ou députés du parti.
Plus tôt dans la journée, l’hôtel Mazafran a en effet accueilli une réunion publique où deux déclarations principales ont été prononcées : la « destitution » de la secrétaire générale du PT, Louisa Hanoune, et la nomination « par intérim » à ce même poste de Mounir Nasri, ancien député du Parti des travailleurs pour la wilaya de Skikda.
La responsable du PT a réaffirmé hier que la réunion du « mouvement des redresseurs » est une « opération totalement extérieure au Parti des travailleurs (…). Contrairement à ce qu’ils prétendent, il ne s’agit pas de militants du parti qui seraient en désaccord avec la décision du PT de ne pas prendre part aux élections législatives ». Mme Hanoune s’est dans cette logique interrogée sur l’ampleur ou les ramifications que pourrait avoir cette opération : « Je n’ai pas les preuves suffisantes, mais la question qui se pose est de savoir si les auteurs de cette opération agissent seuls. » Eux-mêmes « prétendraient », selon la secrétaire générale du PT, être « appuyés par des forces que je ne citerais pas. Ils disent aussi qu’ils ont des garanties que le ministère de l’Intérieur leur donnerait un quota acceptable le 12 juin ».
Ainsi les suites de l’affaire pourraient être judiciaires : « Le comité central prépare les voies de défense. Nous sommes un parti légaliste (…) nous avons la loi, le bon droit et la légitimité de notre côté. » La réunion en elle-même aurait toutefois reçu l’autorisation des autorités selon la secrétaire générale du PT. « Jeudi à 14H, nous avons appris qu’ils ont eu l’autorisation d’organiser une réunion publique ‘‘sans-objet’’ à l’hôtel Mazafran. Cela veut dire que les autorités sont au courant. »
Quant aux participants à la réunion organisée hier matin à l’hôtel Mazafran, la secrétaire générale du Parti des travailleurs, s’appuyant sur la liste des participants, déclare : « Ils n’ont aucun lien organique avec le PT. Ce ne sont ni des militants ni des dirigeants, à l’exception d’une seule personne qui peut-être n’a rien compris à la situation.» La responsable politique ajoute que ces personnes « n’ont aucune légitimité à s’ingérer ou parler au nom du PT », et confirme toutefois qu’un certain nombre sont d’anciens membres du PT, mais « ils ont cessé de militer depuis 7 ou 10 ans. D’autres sont d’anciens députés ou d’anciens membres du comité central qui ont été démis à cause de leur participation à l’opération criminelle de renversement contre le parti en 2015. Et d’autres encore avaient été exclus suite à l’attaque contre le parti en 2019 ». D’ancien « membres du PT » qui auraient par ailleurs poursuivi leur carrière politique « dans d’autres partis », ajoute Mme Hanoune. Elle précise à titre d’exemple : « L’un d’eux est membre du comité central du FLN. » Quant aux conséquences politiques, notamment internes au Parti des travailleurs, elles seraient à l’heure actuelle « limitées », voire « totalement inexistantes », laisse entendre entre les lignes Mme Hanoune, faisant savoir que les signes de solidarité ont été très importants de la part de militants et de personnalités extérieures au parti : « Personnellement, je suis très sereine, 9 mois de prison ne m’ont pas brisée. Ce n’est pas la première fois que nous faisons face à des opérations de ce genre. »