Le ministère de la Défense nationale (MDN) a rendu public, mardi soir, un communiqué dans lequel il est fait état de la mise en détention provisoire de l’adjudant-chef à la retraite, Bounouira Guermit, et du commandant Darouiche Hichem, au moment où un mandat d’arrêt a été émis à l’encontre du général à la retraite, Ghali Belksir, pour «haute trahison».

«Conformément aux dispositions de l’article 11, alinéa 3 du code de procédures pénales, Monsieur le Directeur de la Justice militaire au ministère de la Défense nationale informe l’opinion publique des poursuites judiciaires engagées par le Parquet militaire de Blida pour le chef d’accusation de haute trahison (possession d’informations et de documents secrets pour les remettre à des agents d’un pays étranger), à l’encontre de l’adjudant-chef à la retraite Bounouira Guermit, du commandant Darouiche Hichem, et du général à la retraite Belksir Ghali, conformément à l’article 63, alinéa 2 du code pénal», précise la même source.
Le juge d’instruction militaire de Blida «a mis en détention provisoire les deux accusés Bounouira Guermit et Darouiche Hichem en vertu d’un mandat de dépôt à l’établissement pénitentiaire militaire de Blida et a émis un mandat d’arrêt à l’encontre de l’accusé Belksir Ghali», ajoute le communiqué du MDN. Cette action intervient vraisemblablement après la comparution de Bounouira Guermit, le 3 août en cours, devant le Tribunal militaire de Blida tel qu’il a été souligné dans le communiqué des services de sécurité, annonçant l’extradition à partir de la Turquie de l’ancien secrétaire particulier du défunt Ahmed Gaïd Salah.
«Sur ordre du président de la République, Chef suprême des Forces armées, ministre de la Défense nationale, et en coordination entre nos services de sécurité et les services de sécurité turcs, l’adjudant-chef à la retraite Guermit Bounouira, qui avait fui le pays, a été remis jeudi aux autorités. Il comparaîtra devant le juge d’instruction militaire lundi», précisait il y a dix jours un communiqué des services de sécurité. A l’ordre du jour de cette audition figurent de graves accusations, notamment un détournement de biens, fuite de documents et d’informations confidentiels du ministère de la Défense nationale…
Guermit est accusé d’avoir «constitué une fortune colossale de façon suspecte», d’avoir tissé des liens «avec des militaires algériens en fuite à l’étranger» et d’avoir «fuité des documents et informations secrètes très sensibles du siège du ministère de la Défense». Il entretenait, selon des indiscrétions, une «très forte relation» avec l’ancien chef de la Sécurité intérieure le général Ouassini Bouazza, et le général Ghali Belksir, ancien commandant de la Gendarmerie nationale. Et si Ouassini Bouazza a été limogé en avril dernier et condamné, le 24 juin, à 8 ans de prison ferme par la justice militaire, le cas de Ghali Belksir est resté sans poursuites jusqu’à cette annonce d’un mandat d’arrêt contre sa personne. Ghali Belksir a été limogé, pour rappel, en juillet 2019, pour se faire remplacer par le général Abderahmane Arar, admis à la retraite début août, et voir le général Gouassemia lui succéder. Se réfugiant en Espagne, selon des récits, des interrogations se posaient avec insistance sur les raisons qui ont fait que l’ancien patron de la Gendarmerie est fortement cité par l’ancien patron de la police, Abdelghani Hamel, lors de son procès en appel.
La comparution, lundi dernier, de Bounouira Guermit devant le juge du Tribunal militaire semble ainsi donner à la juridiction les motifs de la poursuite contre Belksir, d’où l’émission, depuis mardi, d’un mandat d’arrêt contre lui.<