Le spectacle affligeant auquel nous avons été confrontés dans la soirée de jeudi dernier au cœur de la ville de Guelma, à l’intérieur de l’ancienne caserne, face au lycée du 1er-Novembre, à cent mètres à peine du siège de l’APC du chef-lieu de wilaya, a de quoi nous révulser, nous indigner , voire nous révolter contre le sort de cinq paisibles familles guelmies, dont la vie se transforme subitement en enfer. En tout cas, l’horreur est à son comble auprès de nombreux citoyens de passage qui constataient tristement ce spectacle dans cette ville. En cette période hivernale et pluvieuse, les familles ont été jetées dans la rue sous les yeux d’une centaine de personnes ainsi que des voisins qui ont assisté impuissants devant cette expulsion sous l’œil d’un huissier venu appliquer la décision du tribunal. Sommes-nous en présence de l’une de ses occupations illégales de l’espace public que constituent les trottoirs ? Est-ce encore une de ces foires aux puces qui s’est implantée temporairement ? Non, c’est le maigre patrimoine mobilier des familles expulsées par voie de justice et contraintes de vider les pièces faisant office de domicile qu’elles occupaient depuis plus de 25 ans dans l’un des immeubles de l’ancienne caserne, juste en face de l’Hôtel de police. L’huissier de justice, assisté de la force publique, était là pour exécuter une décision de justice rendue par le tribunal après épuisement de toutes les voies de recours que confère le droit, nous a-t-on affirmé. Pourquoi ce sort s’est-il subitement acharné sur ces mioches aux yeux hagards, maigrichons, qui ne donnent pas non plus l’impression qu’ils étaient heureux dans leur quotidien ? C’est la misère qui s’ajoute à la misère où, le comble de l’ironie fait que ces enfants ne sont en rien responsables des activités des adultes, de la société ou de celles de leurs parents vivant de leurs faibles revenus. Nous ne préjugeons pas de la justesse ou de la validité des décisions de justice rendues au nom du peuple. Cependant, qu’en est-il pour ce qui concerne le droit au logement, le droit au maintien temporaire dans les lieux, pour ne pas parler de la mise en œuvre du dispositif universel connu, qui consiste à stopper ou tout au moins à suspendre toutes les expulsions des familles et de leurs logements durant la période hivernale ? Elles génèrent des conséquences dramatiques dans la vie des familles. N’y a-t-il pas une loi qui interdit d’expulser des gens de leurs habitations en hiver ? Un véritable drame.