Le groupe Sonelgaz se restructure pour mieux s’adapter au contexte de crise. Pressé par les circonstances de crise qui prévalent depuis juin 2014, le groupe Sonelgaz a levé le voile hier sur les premières propositions d’une reconfiguration en interne.

Fil conducteur, optimisation, rationalisation et efficience tant en gestion qu’en production et distribution de produits énergétiques.
L’essentiel des mesures de restructuration a été dévoilé hier. Elles répondent à une démarche pressante, dont l’objectif n’est autre que la mise en marche d’un nouveau management opérationnel, le mieux approprié en ce temps de déprime financière. Il était clair que la crise allait obliger le groupe public à accélérer sa mutation interne pour que cette nouvelle organisation puisse marier efficience et optimisation des ressources à la fois humaines, matérielles et financières. « La nouvelle organisation répond ainsi « à la nécessité d’une plus grande performance et efficience du management en matière de conduite des projets, de génération de revenus et de valeur ajoutée avec un minimum d’investissement », lit-on dans un communiqué diffusé hier par l’énergéticien national. En 2015, du temps de Nouredine Bouterfa, alors PDG du groupe, Sonelgaz s’est mis à rechercher les moyens opportuns à même de faire fonctionner l’ensemble de ses ressources de la manière la plus efficace en termes de production et de budgétisation des projets. Aujourd’hui, on en connaît mieux le fil conducteur : fédérer sous une seule filiale toutes les sociétés de distribution afin de consolider le management opérationnel.
En plus de la filiale travaux existante, Sonelgaz se dote d’une entité audit et de conseil juridique. Pour lutter contre la dispersion des responsabilités entre plusieurs sociétés, filiales et sous-traitants, le groupe Sonelgaz a décidé de garder 16 sociétés sous sa coupe, dont chacune d’entre elles joue le rôle d’une filiale dotée désormais de prérogatives et responsabilités plus larges. Cette façon de faire part du constat suivant : la responsabilisation rime mieux avec la notion de l’obligation de résultats. Sonelgaz a pensé aussi bon de déléguer la gestion des sociétés de production, de distribution, de conseil et d’audit à des filiales, plutôt que de perpétuer les modes de management jacobin.
Bénéficiant désormais d’une marge de manœuvre après le relèvement des tarifs d’accès aux produits énergétiques –une hausse défendue à cor et à cri pendant plusieurs années – Sonelgaz fait montre d’une prédisposition à un meilleur management, même sous l’autorité de l’Etat propriétaire. Mais l’électricien public sait qu’il doit composer désormais avec un Etat propriétaire beaucoup plus regardant sur les dépenses et l’efficience. En clair, le plan de reconfiguration concocté par les économistes du groupe prend en charge les notions d’une gestion économique moderne d’une holding, associant obligation de résultats, croissance des revenus, maîtrise des coûts de gestion et de production ainsi que l’impératif d’une efficience énergétique. Le projet de reconfiguration est ambitieux. Outre les métiers de base pour lesquels est dédié le producteur et distributeur public d’électricité et de gaz, Sonelgaz a l’ambition désormais de se lancer plus clairement dans l’industrie. Plusieurs métiers industriels, dont la fabrication d’isolateurs, séduisent le groupe Sonelgaz qui s’affaire ainsi à conclure les premières joint-ventures industrielles.
Par-dessus tout, il ne faut point perdre de vue que le plan de restructuration de Sonelgaz répond à un impératif de crise qui suppose que l’Etat soit moins engagé financièrement aux côtés des gestionnaires du groupe. Il fut un temps où le groupe bénéficiait d’un soutien financier indéfectible de l’Etat, où les banques publiques et les dotations de l’Etat finançaient l’essentiel de ses projets et où il était moins regardant sur les notions d’efficience énergétique, de gestion de maîtrise des coûts tant de gestion que de production. L’énergéticien public soutient dorénavant une idéologie managériale tournée vers des notions d’une gestion moderne d’une holding.