« L’état général » du tourisme dans le pays, infrastructures, prestations à la clientèle et santé financière des principaux gîtes publics, du plus luxueux au plus rustique, est à pleurer !

Ce n’est pas la conclusion sévère d’un touriste « mal servi » mais bien le constat réel du président du Groupe Hôtellerie, tourisme et thermalisme (HTT), Lazhar Bounafaâ, qui a soumis, depuis lundi, les 17 filiales du groupement à un « contrat de performance ». C’était d’autant plus nécessaire, voire vital, au vu de la liste des tares dont souffrent les hôtels et les complexes touristiques publics. Un fort endettement, une situation financière déstructurée, certaines filiales sont au bord de la faillite, un management archaïque et des ressources humaines pléthoriques et insuffisamment formées. Résultat, une qualité de service loin des standards internationaux et des équipements et des infrastructures vétustes. Justement, devant les directeurs et dirigeants des filiales, réunis à l’hôtel El Aurassi, M. Bounafaâ a pressé son auditoire de « s’inscrire dans la modernité et de jouer le rôle de locomotive dans la diversification des activités du groupe et dans leur développement», d’autant qu’il est attendu beaucoup du secteur du tourisme, créateur d’emplois, avec un effet de levier sur des pans entiers de l’économie car source d’activités additionnelles. Pour rassurer, il leur affirme que ces contrats de performance ne doivent aucunement être perçus comme un outil de suivi et de contrôle, voire de surveillance des gestionnaires, mais plutôt comme un guide ou tableau de bord managérial ou encore un outil d’orientation d’aide et d’incitation du gestionnaire à bien conduire sa filiale selon les repérages négociés et consensuels entre la filiale et le groupe. Cependant, il est attendu de « ces contrats de performance de drainer dans leur sillage une professionnalisation de la ressource humaine, un développement de la communication et une montée du niveau de compétence ». A charge pour les premiers responsables des filiales de disposer d’une vision stratégique, d’un management performant, des équipements et d’une politique de maintenance préventive, une ressource humaine formée et efficace et un marché bien cerné avec une performance commerciale à la hauteur de ce qu’attendent les touristes. Autrement, une autre piste reste pleinement envisageable, la privatisation, même si M. Bounafaâ ne le nomme pas ainsi. Il dit ne pas exclure d’aller vers les partenariats public-privé, ce qui permettra même de passer à une autre étape. Maintenant que l’Etat ne compte plus renflouer les entreprises publiques déficitaires ni sauver financièrement celles au bord de la faillite, ce qui est le cas des entreprises hôtelières, le privé est alors invité à prendre le relais, dans le respect évident de la charte sociétaire signée justement pour cette raison. Surtout que, selon ce dernier, le marché hôtelier ne cesse de s’agrandir et passera de 110 000 lits à 210 000 en 2021.