L’Allemagne s’est miraculeusement sortie d’une situation très compliquée en s’imposant devant la Suède au bout du temps additionnel samedi à Sotchi (2-1). Les Allemands étaient au bord de l’élimination. Mais au lieu de cela, et grâce aux choix judicieux de Joachim Löw, ils ont lancé leur Mondial. Et cela change tout. Notre antisèche.

Le jeu : L’audace de Löw a payé
La Mannschaft n’a pas été souveraine en première période. Comme face au Mexique, elle a étalé ses lacunes défensives et affiché son manque de réalisme. Sa possession restait stérile et la Suède, même dominée, a logiquement pris l’avantage tant ses occasions étaient plus tranchantes. Joachim Löw a changé le cours de la rencontre par son coaching à la pause, alors qu’il avait déjà été contraint de faire un changement avant la mi-temps après la blessure de Sebastian Rudy. Avec l’entrée de Mario Gomez et le repositionnement de Timo Werner sur le côté gauche, celui par lequel les deux buts allemands sont arrivés, le sélectionneur allemand a remis son équipe sur les bons rails. Et Toni Kroos a fait le reste.

Les joueurs : Kroos,   de l’ombre à la lumière

Il a commencé par une relance manquée qui a entraîné le but suédois. Il a fini par une frappe lumineuse qui a offert la victoire à l’Allemagne. Toni Kroos est passé de zéro à héros dans ce match. Il aurait pu plomber la Mannschaft, il l’a finalement maintenue en vie. Comme Manuel Neuer, auteur de plusieurs parades déterminantes. Et Marco Reus, buteur puis passeur pour sa première titularisation en Coupe du monde. Du côté de la Suède, Robin Olsen a signé une prestation éblouissante dans le but et Andreas Granqvist a réussi quelques interventions salvatrices en défense.

Le facteur X : C’était  mieux sans Boateng
Il aurait pu se faire sortir avant le quart d’heure de jeu. Sur une action où il a perdu un ballon avant de commettre une grossière faute sur Marcus Berg qui filait au but. Jérôme Boateng n’a pas été sanctionné. Mais il n’a pas affiché plus de sérénité pour autant. Le défenseur du Bayern a incarné les lacunes défensives de l’Allemagne, multipliant les fautes avant d’être logiquement expulsé en fin de rencontre. Cela aurait pu achever la Mannschaft. Mais au contraire, elle n’a nullement souffert de la sortie de son défenseur central et a même trouvé le moyen de marquer en infériorité numérique.
La stat : 94»42
L’Allemagne est le pays qui a disputé le plus de matches en Coupe du monde (106). Elle a souvent fait la différence en fin de rencontre. Mais jamais aussi tard. Le but de Toni Kroos face à la Suède, après 94 minutes et 42 secondes de jeu, est le plus tardif inscrit par la Mannschaft dans un Mondial, en ne tenant compte que de ses matches disputés sans prolongation. Les Allemands n’ont jamais autant patienté. Mais tout vient à point à qui sait attendre.

La décla : Toni Kroos (milieu de l’Allemagne)
« On a été énormément critiqué, à raison parfois, et beaucoup de gens en Allemagne auraient été contents si on avait été éliminés aujourd’hui.»
La question : Le but de Kroos est-il le tournant du Mondial ?
L’avenir dira à quel point il aura été décisif. Mais il l’est déjà. D’abord d’un point de vue comptable. Un nul aurait quasiment condamné l’Allemagne à l’élimination alors que ce but, et cette victoire, la laisse maîtresse de son destin avant le dernier match de poules face à la Corée du Sud.
Si elle s’impose par au moins deux buts d’écart, elle aura automatiquement son billet pour les huitièmes de finale en poche. Et un deuxième tour avec ou sans la Mannschaft, ça change totalement la face du tournoi.
L’autre effet positif de ce but pour l’Allemagne, c’est la confiance qu’il va redonner au groupe de Joachim Löw. Un sélectionneur qui a pris des décisions fortes avant la rencontre en sortant Özil et Khedira de son onze de départ. Puis en cours de match avec les entrées de Mario Gomez et Julian Brandt. Löw a clairement fait le choix de l’attaque. Un choix payant. Et il pourrait vraisemblablement changer un peu le visage de cette Mannschaft pour la suite de la compétition. Car, cela s’est vérifié aussi, l’Allemagne est loin de dégager toutes les garanties dans le domaine défensif. Le problème est général. Il ne concerne pas que les quatre défenseurs et ne se résume pas à l’absence de Mats Hummels ou à la méforme de Jérôme Boateng. Collectivement, les Allemands sont en grande difficulté dans le repli et cela ne date pas forcément du début de cette Coupe du monde. Cette Allemagne a toutes les raisons de se tourner vers un jeu encore plus offensif. Cela lui a souri face à la Suède. Et le but de Toni Kroos n’est peut-être que le début de cette nouvelle histoire. n