La réunion tenue hier au siège du groupe ETRHB regroupant l’administrateur et les représentants des sections syndicales a validé, à bien des égards, les appréhensions des travailleurs qui ne semblaient pas croire à un déblocage de la situation. Du moins pour le moment.

En effet et en croire des sources parmi les travailleurs du groupe, la réunion, la deuxième sous l’égide du nouvel administrateur, Chaïbi Mustapha, n’a pas été différentes des précédentes où il n’y avait de place que pour les promesses.
« La réunion peut se résumer à une promesse selon laquelle il y aura un déblocage de trois mois de salaires restés impayés jusque-là », selon un syndicaliste dans une des filiales du groupe qui vit une situation de marasme depuis l’arrestation de son propriétaire Ali Haddad pour corruption et dilapidation de biens publics, dont les différentes filiales employaient 5 400 salariés directs et 14 000 employés indirects.
L’inquiétude des travailleurs, selon notre source, réside dans le fait que la promesse de débloquer trois mois de salaires n’annonce pas la moindre échéance, ni n’explique la voie qui y sera privilégiée pour y parvenir.
« Il y a une promesse, mais sans plus. Nous ne savons pas comment il sera procédé concrètement pour répondre aux attentes des travailleurs, ni l’échéance qu’on se donne pour tenir cette promesse », souligne notre source, qui dit ne se faire aucune illusion quant à un redressement de la situation.
« Les travailleurs du groupe sont dans le désarroi. La relance des activités du groupe est utopique sans une décision politique », ajoute la même source qui n’omet pas de souligner le gel des comptes bancaires du groupe.
Lors du conseil des ministres tenu le 7 août courant, Mohamed Loukal, alors ministre des Finances dans l’Exécutif de Noureddine Bedoui, avait affirmé, que le gouvernement lancera une procédure de sauvegarde relative aux entreprises des hommes d’affaires poursuivis en justice pour corruption.
La proposition émise par le gouvernement pour sauver ces entreprises est «l’installation des administrateurs qualifiés, chargés d’assurer la continuité des activités des entreprises privées dont les patrons sont sous mandat de dépôt à la prison d’El Harrach ».
Plus de cinq mois plus tard, les signes de sauvetage de ces entreprises ne sont pas au rendez-vous à la grande déception des milliers de travailleurs à l’avenir professionnel incertain.
Dans le cas de l’ETRHB, l’installation d’un nouvel administration, si elle a relancé la quête d’un déblocage de la situation, force est de constater
qu’ «aucune avancée significative n’a été enregistrée », soulignent des travailleurs du groupe.
Des syndicalistes regrettent, dans ce sens, le fait que ce nouvel administrateur s’entoure du même personnel qui a travaillé avec son prédécesseur, ce qui donnera lieu, selon eux, à des résultats semblables à ceux enregistrés jusque-là.
Fin janvier, pour rappel, il a été procédé à la désignation d’un nouvel administrateur après que celui qui était en poste semble n’a pas pu faire évoluer les choses.
«L’ancien administration a trouvé le groupe dans un état incompréhensible. Dans certaines filiales, il n’y a même pas une vraie compatibilité. Il y a de sérieux problèmes à retrouver des traces dans la gestion des filiales», se désolent des travailleurs surpris par la chute du groupe.