Elle sera très attendue. La Côte d’Ivoire, championne d’Afrique en titre, débutera, aujourd’hui (17h00), sa campagne pour tenter de préserver sa couronne au Gabon où se tient la 31e édition de la Coupe d’Afrique des nations (14 janvier – 05 février). Un périple délicat, qui commencera face au Togo dans le nouveau stade d’Oyem, dans la poule « C ». Même quand on sait que les actuels rois du continent ont toujours passé le premier tour lors des six dernières participations.


Dix rescapés, c’est ce qui reste du groupe ivoirien sacré il y a deux ans en Guinée Equatoriale. Les blessures, parfois le choix du coach ainsi que les retraites internationales ont fait que l’effectif des « Eléphants » subisse un ménage conséquent. On pense notamment au capitaine Yaya Touré et son frère Kolo qui ont longtemps formé l’ossature de la sélection. Il y a aussi l’attaquant Gervinho qui devra faire l’impasse sur l’évènement à cause d’une blessure au genou. Des absences importantes, qui donnent -notamment- un coup aux facteurs de l’expérience et du vécu, que les nouvelles têtes tenteront de combler dans une Afrique qui a ses spécificités. Le talent, ce n’est pas ce qui manque chez les détenteurs du trophée qui remettront leur réputation en jeu. Parmi les promesses, il y a le milieu offensif Wilfried Zaha qui évolue à Crystal Palace en Angleterre. Celui qui a fait toutes ses classes avec la sélection des « Three Lions » a fini par opter, tout récemment, pour l’équipe nationale de ses origines. L’ex pensionnaire de Manchester United découvrira l’ambiance atypique de l’Afrique et sa messe. « Je suis parti tout jeune pour l’Angleterre et je ne suis plus retourné au pays. J’ai donc fait toutes mes classes dans mon pays d’adoption et c’est le plus normalement du monde que j’ai joué pour les sélections anglaises de jeunes. Mais depuis quatre ans, j’ai eu largement le temps d’analyser la situation et de prendre en compte les sollicitations des dirigeants fédéraux ivoiriens. Alors j’ai fait mon choix. Je veux désormais jouer avec la Côte d’Ivoire. C’est gratifiant d’abord parce que je suis fier de jouer pour mon pays, ensuite parce que la sélection ivoirienne possède des joueurs de qualité et elle a toujours été un réservoir de talents. J’ai fait donc le bon choix et je ne le regrette pas» se souvient l’ex Mancunien qui dit vouloir «être capable de donner le meilleur de moi-même à la sélection de mon pays et contribue avec mes coéquipiers à remporter davantage de titres. Je veux pouvoir offrir une 3e Coupe d’Afrique à la Côte d’Ivoire et rendre ainsi heureux les Ivoiriens. C’est mon ambition à brève échéance. Ensuite, il faut une qualification au Mondial 2018.» Cependant, le gros changement chez l’équipe double championne d’Afrique (1992 et 2015) s’est produit à la tête de la barre technique. «Exit» Hervé Renard, «IN» Michel Dussuyer, la ruse pourrait manquer chez les camarades de l’excellent latéral droit Serge Aurier. L’ex-driver de la Guinée (2010-2015) aura tout à prouver. Ce sera très difficile de faire mieux qu’un coach qui a emmené l’équipe jusqu’aux sommets.

Le Togo sans certitudes

L’entame sera contre le Togo qui a manqué l’édition précédente après avoir atteint les quarts en 2013. Les Togolais sont déjà éliminés de la course pour la Coupe du Monde 2018, ce qui en dit long sur leur forme. Qualifiés en tant que meilleur 2e pour le tournoi, les « Eperviers » se sont fixés le « carré d’as » comme objectif. Un peu trop ambitieux. Surtout quand on sait que leur meilleur élément, à savoir Emanuel Adebayor, a été retenu alors qu’il est sans club depuis la saison écoulée. Les Romao, Dossevi, Boukari outre Ayité tenteront de porter les leurs, Toutefois, l’atout principal est sur le banc. Il s’agit de l’entraîneur Claude Le Roy. Une carte visite riche: Cameroun, Sénégal, Ghana, RD Congo, Congo et, maintenant, le Togo, le technicien français connaît bien le football africain et possède une expérience remarquable. Vainqueur de la CAN 1988 avec le Cameroun avec lequel il était finaliste deux ans plus tôt, demi-finaliste en 1990 avec le Sénégal, demi-finaliste en 2008 avec le Ghana : Le Roy sait mener ses troupes.va-t-il pouvoir chasser les « Eléphants » décidés à se faire respecter, la réponse ne saurait tarder.