Par NAZIM BRAHIMI
La question des salaires, notamment le point relatif à la nouvelle grille indiciaire, effective dès le versement du 1er mai prochain avec effet rétroactif à compter du 1er mars 2022, continue d’agiter le monde de travail.
Un cycle de grève est d’ores et déjà annoncé pour la semaine prochaine par le collectif des syndicats des fonctionnaires, déçu par des augmentations à faibles incidences sur la valeur des salaires. L’avis des travailleurs et de leurs syndicats, qui considèrent «dérisoire» l’incidence financière de la nouvelle grille indiciaire, ne risque pas de trouver de contradicteurs, y compris parmi les responsables et managers d’entités publiques.
Le département des finances semble dès lors privilégier l’effort d’explication à travers les communications que multiplie sa responsable des Systèmes de paie à la Direction générale du budget, et qui, sur la base de chiffres en lien avec la question salariale, met en avant le «coût» de cette révision du point indiciaire pour l’Etat. Pour appuyer sa thèse, la responsable cite au moins trois éléments à valeur de pièces à conviction. Elle a soutenu, d’abord, que l’incidence financière de l’augmentation des salaires, induite par la nouvelle grille indiciaire des salaires et par le nouveau barème portant réduction de l’impôt sur le revenu global (IRG), est d’un montant de 400 milliards de dinars par an pris en charge par le Trésor public. Elle a relevé, ensuite, que la révision du point indiciaire dans la Fonction publique touchera plus de 2,7 millions de fonctionnaires et agents contractuels, dont 2,4 millions sont pris en charge dans le cadre du budget de l’Etat, alors que près de 360 000 autres sont pris en charge dans le cadre du budget des collectivités locales. La même responsable a fait savoir, enfin, que le budget de l’Etat supporte aussi les augmentations destinées aux employés des communes financièrement déficitaires, soulignant que la différence sera prise en charge par le Trésor public.
Comprendre par-là que l’effort de l’Etat est énorme. Ce qui peut être le cas du point de vue économique, si l’on se rappelle l’amenuisement des recettes de l’Etat avant la montée en cours des prix du pétrole poussés par le contexte de crise en Ukraine.
Or, un tel discours ne semble pas avoir de chances de passer pour argent comptant auprès des organisations syndicales qui opposent «l’infime» révision du point indiciaire à «la cherté» de la vie et à «l’érosion du pouvoir d’achat» des travailleurs.
Devant la légitimité des revendications des fonctionnaires, le gouvernement est appelé visiblement à agir sur d’autres fronts, la cherté de la vie et l’inflation galopante, tout en inscrivant le règlement de la question salariale dans une démarche de dialogue avec les partenaires sociaux.