Par Milina Kouaci
Les contestations qui agitent le secteur de l’Education nationale se poursuivent au grand dam des élèves et de leurs parents qui sont dans le désarroi. Désormais, ils ne cachent plus leur angoisse quant aux conséquences des grèves successives dans le secteur, et ce, à quelques jours du début des examens de fin d’année.
Les parents d’élèves appréhendent en effet les conséquences des débrayages sur le taux d’avancement dans l’application du programme scolaire, dispensé cette année avec un volume horaire réduit en raison de la pandémie de coronavirus et des mesures barrières imposées, dont l’obligation de respecter la distanciation physique dans le milieu scolaire.
«Nous sommes inquiets et anxieux par rapport à ce qui se passe dans nos écoles entre grève et contestation répétitives», a déclaré à Reporters Ali Benzina, président de l’Organisation nationale des parents d’élèves (ONPE). Ce dernier exprime à cet égard sa préoccupation quant au retard accusé dans l’application du programme scolaire. «Les élèves n’ont pas fini le programme et on ignore si la tutelle va fixer le seuil des cours des deux trimestres à réviser ou non.»
Dans tous les cas, la situation est «peu reluisante» dans le secteur de l’Education nationale, traversé par plusieurs maux, estime le président de l’ONPE qui cite, entre autres, le programme, l’orientation, la baisse du niveau scolaire, la qualité de l’enseignement et autres dysfonctionnements qui entravent la réalisation des objectif d’une «école publique de qualité». Une situation qui favorise, ajoute encore notre interlocuteur, le malaise dans le milieu scolaire. Il indique que les parents d’élèves vivent sous la pression. «La pression que ressent l’enseignant en classe, nous la ressentons et nous la vivons avec nos enfants chez nous», dit-il.
Pour sa part, l’Association nationale des parents d’élèves (ANPE) a déjà exprimé ses craintes quant aux répercussions des débrayages sur l’avenir des élèves. Tout en appelant les hautes autorités du pays à œuvrer à la concrétisation de leurs engagements envers les enseignants, le président de l’ANPE, Khaled Ahmed, a réitéré son plaidoyer pour le placement du secteur de l’Education comme secteur de «souveraineté nationale» pour éviter les perturbations et le blocage du système éducatif et permettre ainsi aux élèves des classes finales de profiter des heures précieuses de la révision et de garantir un bon déroulement des examens.
Il faut préciser que le débrayage ouvert, qui se poursuit sans couverture syndicale, n’inquiète pas que les parents d’élèves, mais aussi le personnel enseignant syndiqué. Il suffit pour s’en convaincre d’écouter le Conseil des lycées d’Algérie (CLA) qui a plaidé pour le report de la date des examens de fin de cycle vu que les élèves n’ont pas eu cours pendant 40 jours suite à la grève ouverte enclenchée le 18 avril dans les trois paliers sans aucune couverture syndicale.
Le porte-parole du CLA, Zoubir Rouina, a appelé la tutelle à «remédier à cette situation en trouvant une solution au dysfonctionnement et lacunes constatés», rappelant que l’année scolaire en cours a peiné à démarrer en raison de la crise sanitaire qui a pesé lourd sur la reprise des cours, l’adaptation des professionnels au nouveau rythme d’enseignement.
En tout état de cause, le déroulement des examens de fin d’année ne manquera pas d’agiter encore les acteurs du secteur. n