La Coordination des enseignants du cycle primaire de l’Education nationale revient à la charge en dépit de l’interdiction « musclée » réservée à la marche qu’elle comptait organiser lundi passé à Alger. Une semaine après, c’est le mot d’ordre de grève cyclique qui est reconduit.

Ce débrayage annoncé pour aujourd’hui sera accompagné par des sit-in au niveau des directions de l’Education des wilayas. En effet, les enseignants contestataires du premier cycle ont rendez-vous aujourd’hui avec la grève cyclique qu’ils observent depuis le 6 octobre dernier. Intervenant dans une conjoncture qui a vu le premier magistrat du pays pointer du doigt une grève « pas innocente » et le ministère lancer un avertissement contre les appels à la grève «ne reposant sur aucune assise légale », l’action prend toute sa signification.
Mais d’ores et déjà, l’on apprend que la même coordination s’affaire à « durcir le ton » en optant pour des « actions plus radicales si jamais la tutelle ne consent pas à apporter des réponses favorables aux revendications exprimées ». Pour Houssam Maâdjoudj, membre de la coordination représentant de la wilaya de Batna, « cette nouvelle journée de grève accompagnée de sit-in dans toutes les wilayas du pays ne sera pas une fin en soi ». « Ce n’est qu’une continuité de ce que nous avons fait jusque-là en matière de mobilisation et d’engagement », ajoute-t-il.
« La coordination entamera des concertations au niveau de la base pour peaufiner les démarches d’escalade si jamais la tutelle ne répond pas favorablement à nos revendications », promet-il. Le même syndicaliste a plaidé, par la même occasion, « la légitimité » des revendications, regrettant qu’elles « ne soient pas écoutées par la tutelle ». Il s’agit, soulignera-t-il, de la suppression des tâches non pédagogiques ou à défaut bénéficier d’une compensation matérielle adéquate ainsi que l’application avec effet rétroactif du décret présidentiel 14-266 qui attribue l’échelon 12 aux enseignants du primaire et ce en attendant d’arriver à une unification des classements avec les autres paliers de l’Education comme le veut la même coordination.
Sur les options d’escalade que la Coordination nationale des enseignants du primaire a mises à l’étude, notre interlocuteur évoque deux options. « Soit il y aura une grève d’affilée de 13 jours soit on va opter pour le boycott des examens du 2e trimestre prévus du 8 au 19 mars prochain », dit-il.
Le choix ne sera tranché qu’après « la concertation qui sera engagée au niveau de la base, qui va s’intensifier durant les prochains jours avant de prendre une décision à la fin de la semaine en cours », explique le représentant de la coordination. « Si la coordination opte pour une grève d’affilée de 13 jours, cela risque automatiquement de mener au boycott des examens du deuxième trimestre», prédit le même syndicaliste qui dit miser sur une réaction salvatrice de la part de la tutelle afin de mettre un terme à une situation de crise qui n’aura que trop duré. La contestation des enseignants de ce palier dure maintenant depuis le 6 octobre dernier, des grèves cycliques sont menées d’une façon hebdomadaire ainsi que des rassemblements de protestation devant les directions de wilaya de l’Education nationale. Avant-hier, le ministère de l’Education nationale a déploré, dans son communiqué, les appels lancés sur les réseaux sociaux pour enclencher « des mouvements de protestation sans aucun respect de la législation, de la réglementation en vigueur et des lois de la République ». Il a appelé toutes les parties concernées à « faire preuve de prudence et de vigilance face à ces appels tendancieux et à ne pas les suivre », estimant que ces appels « ne reposent sur aucun cadre juridique autorisé, outre leur non-respect des procédures et obligations juridiques prévues dans le règlement général et les statuts y afférents ».<