Synthèse Bouzid Chalabi
Après le Mouvement de la société pour la paix (MSP), c’est au tour du Parti des Travailleurs (PT) de faire connaître sa position vis-à-vis des évènements qui ont émaillé la scène nationale ces dernières semaines, à travers un communiqué adopté par le Secrétariat du PT, à l’issue de sa réunion hebdomadaire tenue le 4 mai 2021. Il considère que les multiples grèves et protestations des travailleurs de différents secteurs, qui ont secoué le pays depuis plusieurs semaines, «expriment la détresse extrême qui touche une grande majorité de travailleurs et leurs familles conséquemment aux politiques ouvertement antisociales et anti-économiques mises en œuvre par les gouvernements successifs et aggravée par la gestion chaotique de la pandémie Covid-19», lit-on. Concernant les raisons qui ont poussé des centaines de fonctionnaires à investir la rue et à se mettre en grève, le PT mentionne que ce sont «avant tout, les conditions de vie devenues insupportables suite au chômage massif, aux salaires impayés, aux licenciements, à l’érosion sans précédent du pouvoir d’achat, à l’augmentation vertigineuse des prix des services et marchandises, à la liquidation d’entreprises économiques, à l’abandon des travailleurs des entreprises des oligarques emprisonnés, au gel des salaires et des promotions des fonctionnaires depuis plusieurs années». Le secrétariat du PT témoigne par ailleurs, dans son communiqué, qu’«en manifestant ou en se mettant en grève, les médecins, les enseignants, les fonctionnaires des impôts, les agents de contrôle du commerce, les postiers, les pompiers, les éleveurs, les paysans, les petits commerçants, les étudiants, les chômeurs et les larges couches de la population paupérisées n’ont fait qu’exercer leurs droits fondamentaux, en s’adressant aux institutions de l’Etat et à leurs tutelles pour poser leurs revendications légitimes». Comme il fait remarquer que «nulle part nous n’avons vu des travailleurs ou leurs représentants s’adresser aux institutions internationales pour régler les problèmes dans lesquelles ils pataugent depuis des années». Et sur ce dernier point, on lit : «Qui peut croire à l’accusation de trahison brandie contre les différentes catégories de fonctionnaires et travailleurs qui luttent légitimement pour la survie de leurs familles et le sauvetage de leurs outils de travail ? Pis encore, «qui peut croire que les millions de protestataires nationaux seraient à la solde de parties étrangères ?»
A propos des conflits sociaux, le PT considère que leur gestion sécuritaire «est porteuse de tous les dangers». Il est également évoqué la généralisation de la criminalisation de l’action politique et la liberté d’opinion et de pensée ou encore le délit de presse, le droit de grève et de manifestation. «Ces derniers sont systématiquement diabolisés par les autorités au point de jeter l’opprobre sur tous ceux et toutes celles qui osent réclamer leurs droits légitimes de vivre avec de vrais emplois et de vrais salaires, permettant de mettre leurs familles à l’abri de la déchéance humaine», est-il mentionné. Quant à la manifestation des agents de la Protection civile du 2 mai, intervenue une semaine après des sit-in devant les directions de wilaya de ce corps d’Etat, «elle ne devait en aucun cas être réprimée». Pas seulement, puisque 230 agents ont fait l’objet d’une mesure de suspension avec pour prétexte d’être actionnés par des parties étrangères. Ce qui n’est qu’une «infâme» accusation à un corps aussi sensible que celui de la Protection civile. Le PT déclare que «le point de rupture est atteint». Mais il s’étonne que cette dérive grave intervient au même moment où le Président Tebboune a ordonné à ses ministres de privilégier «le dialogue dans la gestion des conflits sociaux».
En conclusion, le PT appelle à la levée des sanctions qui frappent les 230 agents de la Protection civile et dénonce le recours à la répression, aux interpellations et aux condamnations. n