* Les enseignants grévistes du primaire ne désarment pas en dépit du recul de l’adhésion enregistré, avant-hier lundi, dans leur énième débrayage affaibli par l’avertissement brandi la semaine écoulée par la tutelle contre des « grèves sans assise légale ».
Mais ce recul est loin visiblement de signer une tendance à la démobilisation au sein de la Coordination des enseignants grévistes, qui annonce une série d’actions : grève maintenue les lundis, boycott des examens du deuxième trimestre et un second appel à une marche nationale.
En effet, et malgré les avertissements du ministère de l’Education nationale, dont le destinataire ne peut être que la Coordination des enseignants du primaire qui défraye la chronique depuis le mois d’octobre dernier, pour ne pas suivre «les voix inconnues incitant à des contestations », l’ardeur des enseignants contestataires demeure intacte. Autrement dit, le recours par la tutelle au discours de la menace ne semble pas avoir dissuadé la coordination des grévistes qui a décidé de poursuivre sa grève cyclique, accompagnée de l’organisation d’une deuxième marche nationale et du boycott des examens du deuxième trimestre. Ce qui traduit on ne peut mieux un bras de fer plus que jamais engagé entre les deux parties. Dans un communiqué qu’elle a rendu public au lendemain de son énième lundi de mobilisation, qui n’était pas à la hauteur des précédents, cette coordination qui regroupe des dizaines de membres nationaux représentants des différentes wilayas, a opté pour le maintien de la grève cyclique enclenchée depuis le 6 octobre dernier et ce à raison d’une journée par semaine observée tous les lundis.
Les actions annoncées par la même coordination comportent aussi le boycott des examens du deuxième trimestre. Ces examens sont censés commencer le 8 mars pour prendre fin le 19 du même mois. Ce boycott « prend effet à partir du jour de la publication du communiqué », soutient également la même organisation dans son communiqué.
La Coordination nationale des enseignants grévistes a décidé également d’organiser une deuxième marche nationale après celle qui a été organisée le 17 février dernier à Alger.
Une marche qui a été, faut-il le souligner, empêchée par les services de l’ordre et qui a été marquée par des échauffourées où plusieurs blessés parmi les enseignants grévistes ont été enregistrés. Pour cette nouvelle marche, l’endroit et l’heure exacts seront déterminés ultérieurement, selon le communiqué de la même organisation.
Tout en affirmant qu’elle laisse
l’« option de la grève illimitée à l’étude et à la concertation », la Coordination nationale des enseignants du primaire a souligné imputer « l’entière responsabilité de cette situation à la tutelle en raison de sa persistance à refuser l’ouverture du dialogue avec le partenaire social». La même coordination a affirmé également qu’elle continuera dans son parcours de contestation jusqu’à ce que ses revendications soient satisfaites.
Les revendications de la Coordination nationale des enseignants du cycle primaire portent notamment sur la suppression des tâches non pédagogiques ou à défaut bénéficier d’une compensation financière adéquate ainsi que l’application immédiate et avec effet rétroactif du décret présidentiel 14-266 qui attribue l’échelon 12 aux enseignants du primaire.
La même coordination exige aussi l’unification de la classification avec les autres paliers de l’Education nationale, une revendication portée davantage par les enseignants de ce cycle et qui sont titulaires de licence de l’enseignement supérieur.