Les travailleurs de l’Etablissement de transport urbain et suburbain d’Alger (Etusa), ont entamé, hier, un mouvement de «grève ouverte» à l’appel du syndicat de l’entreprise affilié à l’UGTA.

Le mouvement de protestation, décidé suite à l’échec «des négociations engagées par la Direction générale de l’Etusa» quant à la situation socio-économique des employés, aura également eu pour conséquence hier une très forte perturbation du réseau de transport. Le chargé de communication de l’Etusa, Ahcène Abbas, avait, dès samedi, alerté les usagers des transports de l’Etablissement de transport urbain et suburbain d’Alger que «son réseau risque de connaître des perturbations dès le premier départ du matin de dimanche et ce en raison d’une grève décidée par le partenaire social UGTA pour le 19 juillet».
Sur le terrain, le mouvement de grève a été très suivi, où aucun bus ne circulait au niveau de la plupart des lignes, du moins celles reliant le centre d’Alger et les quartiers de Bir-Mourad Raïs et Kouba, ou encore le Centre-ville à la partie ouest d’Alger.
Les usagers interrogés s’étaient rabattus hier sur les taxis ou les rares «bus privés» qui assurent ces lignes urbaines habituellement confiées à l’Etusa. Quant à la situation socio-économique des travailleurs de l’Etusa, le communiqué du bureau syndical explique que les négociations entamées dès le 14 juillet dernier avec la direction n’ont «pas abouties». Les employés de l’Etusa réclament aujourd’hui, par ce mouvement de grève, «le paiement de la prime de l’année 2019» ou encore le «versement des salaires des mois d’avril et mai». Mais il s’agit aussi en filigrane d’une dénonciation de la mauvaise gestion de l’entreprise et du manque de prise en charge face aux risques de la Covid-19.
Le texte du syndicat explique ainsi que la grève fait aussi suite «à l’incapacité des responsables à assurer les droits des travailleurs» ou à appliquer le décret du 21 mars 2020 «relatif au congé exceptionnel» ainsi qu’à la «prime de risque» promise au travailleurs présents durant la pandémie. Malgré cette grève ouverte qui pourrait se poursuivre durant les prochains jours, le syndicat affirme néanmoins conserver la «porte du dialogue ouverte» et affirme assurer le transport du personnel médical. L’Etablissement a, en effet, consacré à cette mission près de 1 000 employés et 157 bus. Ils assurent quotidiennement des liaisons entre 35 établissements hospitaliers de la wilaya d’Alger.