La grève des enseignants du cycle primaire tend à s’inscrire davantage dans la durée s’il l’on se fie à la détermination qu’affichent les animateurs de ce syndicat qui compte faire grève aujourd’hui accompagnée d’une nouvelle marche vers le Palais du gouvernement.

Par AZIZ LATRECHE et Leïla ZAïMI
L’option a été retenue en dépit de l’avertissement de la tutelle contre des « grèves sans assise légale », mais aussi malgré l’interdiction qui avait frappé la précédente tentative de marche des enseignants du cycle du primaire qui observent un débrayage hebdomadaire depuis le 6 octobre dernier. C’est justement pour faire entendre leurs revendications qu’ils comptent marcher aujourd’hui sur le Palais du gouvernement.
Contacté hier par nos soins, Houssam Maâdjoudj, membre de la Coordination nationale des enseignants du primaire, qui chapeaute cette contestation, a affirmé que cette marche aura comme point de départ l’annexe du ministère de l’Education à Ruisseau pour s’ébranler à destination du Palais du gouvernement.
A une question de savoir pourquoi le choix d’un tel point de départ alors que la première marche du 17 février a eu comme point de départ la mythique place des Martyrs, le même syndicaliste a indiqué que « le choix de cet endroit est motivé par le fait que si la marche venait à être empêchée par les forces de l’ordre, à ce moment-là, nous organiserons tout de même un sit-in devant cette annexe du ministère et ce comme nous l’avons toujours fait depuis le début de la contestation ». Dans le même sillage, Houssam Maâdjoudja annonce une « large participation » à cette marche « même si des collègues qui enseignent dans des zones sahariennes lointaines se sont excusés de ne pourvoir venir », fait-il savoir.
La Coordination nationale des enseignants du primaire étudie par ailleurs la possibilité de durcir le ton et de radicaliser sa contestation à travers une grève illimitée « si jamais nos revendications ne sont pas satisfaites », explique notre interlocuteur. Ce dernier précise que l’option « ne fait pas encore l’objet d’une unanimité et celle qui reste dominante parmi les enseignants est celle du boycott des examens du deuxième trimestre qui sont prévus du 8 au 19 mars en cours ». Pour sa part, Azzedine Zergue, de la même coordination, a fait part d’une intention des enseignants de « bloquer les écoles primaires si la tutelle reste indifférente » aux revendications formulées. « Les enseignants du primaire ne vont pas baisser les bras. Ils vont aller jusqu’au bout dans leurs revendications légitimes », a-t-il déclaré à Reporters, pointant du doigt les traditionnelles organisations syndicales qui « n’étaient pas à la hauteur » dans leurs actions antérieures.

« La tutelle ne nous a pas invités au dialogue.
Elle continue à ignorer notre existence et nos revendications légitimes », a-t-il dénoncé. Le même syndicaliste s’est interrogé également sur les raisons qui ont fait que la Coordination « soit reçue en décembre passé sous le gouvernement des affaires courantes et non plus maintenant alors que la tutelle ne cesse de promettre des solutions pour la situation du secteur ».
Il est à rappeler que les revendications de la Coordination nationale des enseignants du cycle primaire contiennent notamment la suppression des tâches non pédagogiques ou à défaut bénéficier d’une compensation financière adéquate. Il est aussi question de l’application immédiate et avec effet rétroactif du décret présidentiel 14-266 qui attribue l’échelon 12 aux enseignants du primaire. La même coordination exige aussi l’unification de la classification avec les autres paliers de l’Education nationale.
La contestation du cycle primaire continue alors que la tutelle a entamé de vastes concertations avec les syndicats du secteur.