Le P-DG de la compagnie aérienne Bakhouche Allèche n’a pas tardé à réagir à la grève des mécaniciens grévistes, non pas en ouvrant le dialogue, mais en suspendant 12 techniciens de la compagnie.

La Direction générale d’Air Algérie, qui considérait que cette grève n’était pas légitime, a suspendu, en effet, hier, pas moins de 12 grévistes, expliquant qu’« elle a pris les mesures adéquates, conformément aux dispositions légales et réglementaires à l’encontre des fautifs », ajoutant que « c’est une première mesure avant le licenciement ». Pour sa part, Ahmed Boutoumi, le président du Syndicat national des techniciens de la maintenance des avions (SNTMA) juge que « ces suspensions sont illégales », ajoutant que ces mesures vont à l’encontre de l’apaisement ».
Ainsi, la grève des mécaniciens et techniciens d’Air Algérie, qui est entrée, hier, dans son troisième jour,risque de durer encore plus longtemps du fait que les grévistes campent sur leurs positions. En plus, aucun dialogue n’a été annoncé entre la direction et ces derniers.
Le chargé de communication à Air Algérie, Amine Andaloussi, a indiqué pour sa part qu’une cellule de suivi a été mise en place au niveau de la compagnie aérienne afin de suivre le mouvement de protestation mené par les techniciens de maintenance des avions. « Une cellule de suivi présidée par le directeur général d’Air Algérie, Bekhouche Allache, a été mise en place et la compagnie a fait appel à un huissier de justice pour faire un constat au niveau de l’aéroport international d’Alger suite à l’arrêt de travail illégal enclenché par les techniciens de maintenance des avions depuis la nuit de dimanche au lundi. Une rapport détaillé sur la situation a été élaboré », a précisé le même responsable. Les revendications des mécaniciens et techniciens sont toujours les mêmes depuis de nombreuses années. La première étant une justice salariale en accord avec la hiérarchisation des métiers et des salaires, dictée par la convention collective d’Air Algérie et la situation des mécaniciens et ingénieurs recrutés dans le cadre d’un contrat CDD, en violation des lois de la République et de la compagnie.
D’ailleurs, le SNTMA a tiré à plusieurs reprises la sonnette d’alarme dénonçant une «situation de marasme dans laquelle vit le personnel de la maintenance avions, s’agissant de la pression qu’il subit quotidiennement, des sanctions abusives et des ponctions sur salaires non justifiées».
Pour rappel, la grève des techniciens et mécaniciens du service de maintenance de la compagnie nationale Air Algérie a été entamée, dimanche matin, à l’aéroport d’Alger. Pour l’heure, «il n’y a pas eu d’incidence sur le programme des vols et le trafic a été normal. Mais il risque d’y avoir des perturbations, voire un blocage si la situation persiste », affirme Boutoumi. Le P-DG d’Air Algérie, M. Bekhouche Allache avait déclaré, lundi, à l’APS que la situation financière de la compagnie « ne permet pas de procéder à une révision de la grille des salaires », affirmant que Air Algérie avait mis cette revendication parmi
« les priorités » à prendre en charge une fois sa bonne santé financière rétablie.
La maintenance est une activité capitale pour la compagnie aérienne nationale qui vise à assurer le maintien en état de vol et la disponibilité de la flotte d’avions existants. Elle garantit également la sécurité des passagers à bord des avions. Des professionnels se relaient pour assurer une sécurité maximale. Un maillon essentiel à l’activité du transport aérien. L’effectif est de 600 mécaniciens et chefs de division, dont 522 sont des adhérents au SNTMA, selon les statistiques fournies par Ahmed Boutoumi.