Par Milina Kouaci
Au-delà de toutes les questions que la grève surprise des agents d’Algérie Poste a suscitées, quant au moment choisi en plein Ramadan et durant la semaine des retraits des allocations des retraités, c’est la question de la solidarité syndicale qui a été soulevée. D’autant plus que les travailleurs et les syndicalistes d’Algérie Poste n’ont pas vu de marques de solidarité de la part des autres animateurs du front social, notamment les plus en vue. Des voix ont vite conclu à un manque de solidarité avec les grévistes, particulièrement de la part de la Confédération des syndicats algériens (CSA). Un avis que désapprouve le porte-parole de l’Unpef et membre de la CSA, Abdelouahab Lamri Zeghar.
«La position de la CSA est constante et claire. Elle a toujours soutenu les syndicats travailleurs dans toute action qu’ils mènent dans le but de réclamer leurs droits socioprofessionnels légitimes», a indiqué le syndicaliste Abdelouahab Lamri Zegar à Reporters. «Certes, il n’y a pas eu de réaction officielle de l’Intersyndicale ou de la CSA, mais nous avons toujours soutenu les actions de contestation visant à réclamer le droits des travailleurs et nous continuerons à le faire», indique M. Zegar en réaction à la grève surprise des postiers.
Il rappelle que la CSA a publié à plusieurs reprises des déclarations en signe de soutien et de solidarité aux syndicats qui se sont mobilisés pour faire valoir leurs revendications, notamment ceux constituant l’intersyndicale. «Mais quand on ne le fait pas, cela ne veut pas dire qu’on se désolidarise», explique M. Zegar, qui estime que les «postiers sont dans leurs droits que leur confère la Constitution, et on ne peut que les soutenir».
«Bien que les gens ont fait part de leur déception d’une grève enclenchée à la veille de Ramadan, les postiers sont dans leurs droits de mener une action pour faire entendre leurs revendications, sinon les choses resteront en l’état à leurs dépens».
Pour lui, l’intérêt professionnel prime dans la lutte syndicale et dans la vie sociale. Ce dernier appelle le gouvernement Djerrad à intervenir pour résoudre les problèmes socioprofessionnels qu’expriment les travailleurs afin d’éviter la grogne sociale. «Les travailleurs expriment depuis toujours des préoccupations d’ordre socioprofessionnel mais qui sont en suspens depuis des années», regrette M. Zegar qui exige la satisfaction des plateformes de revendications des syndicats autonomes. «La colère des travailleurs s’accentue avec l’atermoiement ou la politique de fuite en avant qu’adoptent les ministères de tutelle», ajoute notre interlocuteur, qui appelle pour un dialogue inclusif et sérieux entre les organisations syndicales et leur tutelle pour de meilleures conditions de travail. «Les autorités compétentes se doivent de réagir pour contenir la grogne sociale qui est à son paroxysme au vu des conditions socio-économiques que traverse le pays», dit-il. «La situation est peu reluisante. L’Intersyndicale déplore des injustices sociales et fiscales» qui ne cessent de croître ainsi que les atteintes au droit syndical,», poursuit le porte-parole de l’Unpef. Il rappelle que la CSA mobilisera, dès les prochains jours, sa base pour des actions de grève pour dénoncer notamment, l’érosion du pouvoir d’achat, réclamer le droit de départ à la retraite anticipée, et la satisfaction des différentes revendications des travailleurs. <