Le torchon brûle entre le ministère de la Santé et les paramédicaux. Cette corporation a observé, hier, le premier jour d’une grève de deux jours afin de revendiquer la concrétisation de ses revendications socioprofessionnelles.

PAR MILINA KOUACI
A en croire Ghachi Lounès, président du Syndicat algérien des paramédicaux (SAP), cette grève a connu une «adhésion massive» au mot d’ordre lancé par le syndicat qui compte reconduire sa grève après les élections locales prévues le 27 novembre.
Ghachi Lounès dit avoir enregistré avec satisfaction le «succès» de la première journée de grève nationale dont «Le taux de suivi est estimé à 85 %». Les paramédicaux n’ont, d’ailleurs, assuré que le service minimum et les cas d’urgence, indique le président du syndicat.
Cette organisation syndicale a été reçue, dimanche, pour une réunion de conciliation avec la Commission centrale du ministère de tutelle, chargée du dialogue avec le partenaire social afin d’étudier les revendications soulevées par le syndicat.
Cependant, elle n’a pas abouti et aucun changement n’est prévu dans le plan d’action du SAP qui a décidé de maintenir sa grève. «Cette réunion a été programmée la veille de notre action, alors que le préavis de grève a été déposé le 31 octobre. Aucune solution n’est apportée», dénonce notre interlocuteur. Le syndicat a ainsi décidé, à l’issue d’une session extraordinaire de son conseil national, de maintenir ses actions de protestation.

Si les revendications restent en suspens, le syndicat prévoit une autre action le mois prochain.
«Après les élections locales, la grève sera reconduite si nos revendications restent insatisfaites», avertit Ghachi Lounès.
Cette corporation de 40 000 adhérents estime qu’elle est «dans l’obligation» de reprendre le chemin de la contestation qu’elle considère comme le «seul moyen imposé» par la tutelle pour faire aboutir ses revendications, tout en appelant les pouvoirs publics à s’investir de manière «effective et efficace» afin de prendre en charge les revendications du syndicat.
Il s’agit de la révision des statuts particuliers des paramédicaux, de réhabiliter la corporation paramédicale qui a payé un «lourd tribut» dans la lutte contre l’épidémie de la Covid-19, la mise en place de commissions de négociations bilatérales pour la révision du statut particulier.
Il exige un avancement de grade pour les paramédicaux ayant à leur actif 5 ans d’exercice. «Ils sont 67 000 paramédicaux qui ont passé l’examen de promotion le 6 novembre», précise le président du SAP, sachant que le ministre de la Santé a annoncé que près de 65 000 employés dans le secteur sanitaire, à savoir médecins, paramédicaux, sage-femmes, anesthésistes, dentistes et agents administratif et techniques, bénéficieront d’un avancement de grade.

Cette corporation revendique également le versement des 5e et 6e tranches de la Covid-19.
S’agissant l’exercice syndical, le SAP demande de régler les conflits opposant l’administration et les paramédicaux et de mettre un terme au diktat et aux abus de pouvoir des responsables. «Nous avons des syndicalistes qui ont des problèmes avec leur administration dans 10 wilayas, dont certains sont poursuivis en justice.»
Concernant la réunion qui s’est tenue mercredi dernier au siège du ministère entre les représentants du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), du Syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires (Snechu), et le Syndicat algérien des paramédicaux (SAP), notre interlocuteur explique que cette réunion concernait l’Intersyndicale de la santé et non seulement la corporation des paramédicaux. Les deux parties ont convenu de former une commission technique conjointe pour examiner les différents dossiers soumis à la tutelle.
«La réforme du système de santé a été au centre des discussions. Et le ministre de tutelle a exprimé son engagement à ne ménager aucun effort pour améliorer la situation et à trouver des solutions à tous les problèmes soulevés», conclut notre interlocuteur.