La grève à laquelle a appelé l’Intersyndicale de l’Education nationale n’a pas eu le taux de suivi espéré. Engagée sans le Cnapeste, le débrayage n’a pas suscité l’adhésion des enseignants des trois paliers. Reste à savoir quel sera le degré de la mobilisation de l’Intersyndicale à l’occasion des rassemblements prévus aujourd’hui devant les directions de l’éducation au niveau des wilayas.

Pour l’heure, l’action de l’Intersyndicale s’apparente, à bien y regarder, à un échec qu’attestent la faible adhésion des enseignants à ce mouvement. C’est le cas dans les écoles que nous avons visitées dans la wilaya de Ghardaïa où le taux de suivi est de 20%. C’est ce que nous avons constaté de visu au niveau de l’école Abdelhamid-Ben Badis et du CEM Ourida-Meddad, dans le centre-ville de Ghardaïa, où la grève ne semble pas avoir perturbé les cours. Les classes que nous avons pu apercevoir de la cour semblaient en pleine activité. Au lycée Moufdi-Zakaria de Beni Izguène, seuls quelques professeurs ont fait défection, ce qui ne semble pas du tout avoir eu un impact sur les cours.
«Nous n’avons libéré aucun élève, tous nos cours sont assurés normalement», nous révèle un surveillant sous le sceau de l’anonymat. Selon un inspecteur à la direction de l’éducation de la wilaya de Ghardaïa, la grève à laquelle a appelé l’Intersyndicale n’a été suivie, en gros, que par un tiers du corps enseignant dans le primaire et le moyen, avec un taux de 29,27% pour le premier palier et 30,19% pour le moyen, alors que dans le cycle secondaire, elle n’a été suivie qu’à 2,06 %, soit un taux de suivi général de 20,96%.
Dans la wilaya de Annaba, le constat donne lieu à un niveau d’adhésion faible. Ainsi, au niveau des quelque
3 555 écoles primaires, ce sont tout juste 10 à 15% des effectifs qui ont suivi le mot d’ordre de grève, les élèves ont assisté aux cours programmés pour la journée. Quelques irréductibles, cependant, ont refusé de rejoindre leurs classes ayant choisi d’adhérer au mouvement. Au niveau des 83 CEM que compte le secteur, le suivi est mitigé, le taux oscille entre 25 et 30%. Ce sont des dizaines d’enseignants qui ont débrayé et dont les élèves pour la plupart ont été gardés en permanence pour pouvoir ensuite assister aux cours d’autres enseignants. Dans le secondaire, fort de 39 lycées, la même situation est observée. Quelques rares enseignants ont suivi le mouvement de grève, dont le taux a atteint difficilement les 20%. La plupart des lycées n’ont pas vraiment été touchés et ont continué à fonctionner presque comme d’habitude. Il faut dire que la grosse cylindrée des syndicats de l’éducation, en l’occurrence le Cnapeste, n’a pas appelé à la grève car les revendications exprimées n’ont pas intégré celles de cette organisation. Cependant, le débrayage dans la wilaya de Sidi Bel Abbès était de 70% dans les établissements primaires et moyens, selon les taux annoncés par l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef) et le Syndicat national des travailleurs de l’éducation (SNTE). Selon les représentants des deux syndicats, le taux enregistré dans la matinée a atteint 70% à travers les établissements primaires et moyens, indiquant que la majorité des écoles primaires du chef-lieu de wilaya, des daïras de Sfisef, Aïn El Berd et Sidi Lahcene, a enregistré des taux très élevés et d’autres ont été totalement paralysées.
A Béchar, c’est un suivi moyen qui a été constaté dans les établissements scolaires des trois cycles. Selon un syndicaliste, près de la moitié des enseignants ont observé la grève. Ce débrayage, initié par le collectif syndical, a été largement suivi dans le cycle primaire, contrairement aux autres cycles où les enseignants n’ont pas répondu massivement à l’appel de l’Intersyndicale de l’éducation.
Pour sa part, l’Intersyndicale de l’éducation nationale a fait état d’un taux de suivi de 56,67%, lequel taux a évolué dans l’après-midi pour atteindre les 70%. Qualifiant le débrayage de « grande réussite qui a été à la hauteur de la mobilisation des travailleurs », Achour Idir, du Conseil des lycées d’Algérie (CLA), estime que « cette grande mobilisation prouve que les travailleurs du secteur de l’Education tiennent à la plateforme de revendications déposée auprès du ministère de l’Education nationale ».
Pour rappel, les syndicats de l’Education réclament leur intégration dans le processus de prise de décision en tant que partenaire social et insistent sur l’ouverture du dialogue, tout en maintenant leurs revendications socioprofessionnelles qui se résument en l’amélioration du pouvoir d’achat, la révision du statut particulier du personnel de l’Education, l’adoption d’un régime indemnitaire incitatif et la révision de la grille salariale en fonction de l’inflation.<