Ne trouvant pas d’oreille attentive à ses revendications soutenues par un mois de grève, ponctuée par une marche, organisée le 19 décembre dernier à Tizi Ouzou, le Cnapeste subit des pressions tous azimuts et se voit acculer de toute part.

Administrations, parents d’élèves et lycéens sonnent la charge et critiquent le radicalisme du syndicat qui ne veut pas mettre fin à un mouvement de protestation entamé le 20 novembre dernier. Ainsi, la pression monte sur le syndicat qui se voit poussé à jeter du lest. A commencer par la direction de l’éducation. Celle-ci réfute tous les arguments avancés par le syndicat pour justifier son appel à la grève. Un mouvement minoritaire, soutient l’administration de tutelle, qui dénie la mainmise de la représentativité syndicale des enseignants au Cnapeste dont la marche du 19 du mois en cours « n’a drainé que 700 enseignants affiliés à ce syndicat. Une mobilisation « surévaluée », selon un communiqué de la direction de l’éducation, qui déclare : « Il est utile de préciser que le nombre des marcheurs n’excédait pas les 700 personnes, parmi lesquelles de nombreux citoyens venus d’autres régions du pays et des enseignants qui ont déjà quitté le secteur de l’enseignement pour jouir de leur retraite.» Minimisant encore la mobilisation, le communiqué qualifie de « partielle » la grève du syndicat enseignant accusé d’avoir rompu l’accord qu’il a conclu avec la direction de tutelle, lors d’une réunion tenue le 29 septembre dernier. Date à laquelle le secrétaire général de wilaya du Cnapeste et le directeur de l’éducation ont cosigné un procès-verbal stipulant que le recours au dialogue et la conciliation doit être privilégié pour trouver des solutions aux conflits et que la grève doit être un recours extrême. Un contrat rompu de façon unilatérale par le syndicat, regrette la direction de l’éducation puisque celui-ci s’est précipité à déclencher une grève sans préavis au lieu de recourir à la concertation pour solutionner le problème de l’enseignante violentée par une policière au sein même d’un service de l’académie, qui précise que ses services n’ont pas été sollicités pour accompagner l’enseignante dans des démarches judiciaires que celle-ci n’a, d’ailleurs, pas entreprises. Les critiques sont venues également de la part de la Fédération des parents d’élèves de la wilaya de Tizi Ouzou qui pointe du doigt le radicalisme et la fermeture au dialogue du syndicat qui, selon le président de cette association, ne veut pas de solution au conflit qui l’oppose à l’académie, refusant même qu’une commission d’enquête soit constituée pour ce faire. Les lycéens ne sont pas en reste. Ils mettent aussi la pression sur leurs enseignants. Ils prévoient de marcher le 25 décembre prochain. « Pour, écrivent-ils, sauver notre scolarité. Nous nous rendrons au siège de la wilaya afin de demander notre droit à la reprise des cours »