Grève des commerçants et des transporteurs : Le mouvement s’essouffle à BéjaïaLe mouvement de grève générale, déclenché lundi 2 janvier par les commerçants et les transporteurs de la wilaya de Béjaïa, semble s’essouffler.

Pour preuve, l’activité commerciale et professionnelle a repris, hier, son cours normal dans plusieurs communes, y compris dans la ville de Béjaïa.

La décision de mettre fin à une grève «insensée», dont les initiateurs demeurent inconnus, a été prise la veille, c’est-à-dire mardi soir, à l’issue des différentes réunions des commerçants tenues à Akbou, Sidi Aïch, Amizour et Kherrata, et auxquelles ont pris part les notables des villages et des représentants de quartier. Le mot d’ordre de reprise de l’activité commerciale a, finalement, fait l’unanimité parmi les différents acteurs de la société civile de la région qui considèrent cette grève comme un «suicide collectif». Pour les membres du bureau communal de l’UGCAA d’Akbou, qui se sont démarqués dès le départ de l’appel lancé par «des anonymes aux desseins inavoués», cette grève «anarchique» ne saurait servir ni l’intérêt des commerçants de la région ni ceux de l’Algérie. Selon eux, «l’absence d’une organisation à même de gérer une telle situation de crise et la démission des services de l’Etat ont profité aux délinquants de tous bords qui ont pillé des biens privés et saboté des équipements publics». Voilà grosse modo ce qui justifie la décision prise par les commerçants de certaines localités de reprendre leurs activités respectives.
En effet, dans la ville d’Akbou, tout comme à Tazmalt, Ighil Ali et Ouzellaguen, la majorité des magasins ont rouvert, hier, à la grande satisfaction des citoyens qui étaient nombreux à venir faire leurs emplettes. C’était la ruée vers les épiceries, les supérettes et les commerces de fruits et légumes. Les boulangeries et les cafés maures ne désemplissaient pas. Même constat au niveau du chef-lieu de wilaya, où les citoyens se bousculaient, hier matin, au marché de fruits et légumes de Sidi Ahmed, un quartier populaire situé sur les hauteurs de la capitale des Hammadites.
A Sidi Aïch, bien que la majorité des commerçants ait repris son activité dans la matinée, tout comme le marché hebdomadaire, le centre-ville a renoué avec des scènes de violence dans l’après-midi. Au moment où nous mettions sous presse, des affrontements entre de jeunes manifestants et les forces de police se poursuivaient encore aux alentours du siège de la Sûreté de daïra. Des échanges de jets de pierres contre des bombes lacrymogènes qui empestent l’atmosphère de la ville qui replonge dans la violence et l’incertitude. A noter que la bâtisse abritant le commissariat de police et le CEM situé en face ont été criblés de pierres et autres projectiles lancés par les manifestants. Les vitres de l’établissement scolaire sont partiellement saccagées.
A Amizour, on apprend qu’un Distributeur automatique de billets (DAB), qui a coûté quelque 600 millions de centimes, a été encore une fois incendié, alors que les services des postes et télécommunication l’avaient remplacé et mis en service en septembre 2015. Rappelons que l’ancien DAB a été brûlé aussi en février 2011.
Par ailleurs, il est à noter que le mot d’ordre de grève a été suivi, encore hier, par la plupart des commerçants de la région est de la wilaya, allant de Tichy jusqu’à Bordj Mira, en passant par Aokas, Souk El Tenine, Melbou, Tamridjet et Darguina.