Le Tribunal de Tipaza a de nouveau reporté hier le procès de l’homme d’affaires Kamel Chikhi. Le jugement initialement fixé au 17 janvier dernier enregistre ainsi son troisième report et devrait finalement être ouvert le « 14 mars prochain », a fait savoir l’APS. Quant aux raisons de cette nouvelle décision, il s’agirait, selon la même source, d’une conséquence du mouvement de grève des avocats de Tipasa, en solidarité avec la protestation lancée jeudi par des avocats du barreau de Blida contre la mise en détention provisoire de l’un de leurs confrères.
Pour rappel, le Conseil de l’Ordre des avocats de Blida, une instance relevant de l’Union nationale des Ordres des avocats, avait fait savoir, dès mercredi soir, que ses membres boycotteraient l’activité judiciaire au niveau des Cours de justice de Blida, Tipasa, Aïn Defla et Chlef. Une protestation qui s’étend également au niveau de l’ensemble des tribunaux administratifs et du Tribunal militaire.
Quant à jugement de l’homme d’affaires Kamel Chikhi, il s’agit, pour rappel, d’une affaire liée à la corruption qui remonte à l’année 2016 et qui retient les charges « d’octroi d’indus avantages », « réduction d’impôts et de taxes sans autorisation », « abus de fonction » et « obtention d’intérêts de façon illégale ». L’homme d’affaires Kamel Chikhi, également nommé « El Bouchi » par certains organes de presse en référence à son ancienne activité commerciale, est poursuivi dans cette affaire, au même titre que trois autres accusés, dont un notaire et deux employés. Les faits reprochés par la justice concernent la signature d’un acte notarié dans des conditions jugées frauduleuses. Kamel Chikhi aurait, en effet, eu recours à un notaire agréé de la ville de Tipasa pour le transfert d’une propriété foncière lui appartenant à Aïn Benian au profit d’une société à responsabilité limitée activant dans une promotion immobilière et dont il était associé et gérant. La signature de la passation n’aurait de ce fait pas respecté la législation en vigueur, l’objectif soupçonné par la justice aurait été de bénéficier d’une importante réduction d’impôts en ne versant que 1% des taxes dues, alors qu’elles étaient fixées à 5%. Les enquêtes réalisées dans cette affaire depuis 2018 dans le cadre de la loi sur la corruption ont en ce sens fait ressortir que le Trésor public a subi une perte estimée à 15 millions de dinars.
Pour rappel, dans cette affaire, les prévenus avaient été présentés, le 15 octobre dernier, devant le Parquet de Tipasa, le dossier a par la suite été transféré au juge d’instruction, qui a ordonné la mise en détention provisoire de Kamel Chikhi et le placement des autres accusés sous contrôle judiciaire. n