Les étudiants d’au moins cinq ENS ont reconduit hier la grève entamée le 12 décembre dernier, et ce, après la fin des vacances d’hiver. Les grévistes maintiennent leurs exigences et demandent des garanties tangibles. Ils manifestent leurs inquiétudes quant aux possibilités d’emploi au terme de leur cursus universitaire.

Par MILINA KOUACI
Pas moi de cinq écoles normales supérieures ont reconduit la grève, entamée au lendemain de la décision prise par le président de la République, à l’issue d’un Conseil des ministres tenu le 11 décembre dernier, portant titularisation des enseignants contractuels de l’éducation. Il s’agit des écoles de Laghouat, Skikda, Constantine, Sétif et Bou Saada.
Les futurs enseignants manifestent leur préoccupation quant à la réduction des chances de recrutement dans les établissements scolaires, suite à la permanisation de 62 000 enseignants dans les trois cycles. A Laghouat, l’Organisation nationale des étudiants algériens (ONEA) a annoncé la poursuite de la grève, dans une conjoncture marquée par la préoccupation sur l’avenir de recrutement. Pour sa part, l’administration de la même école a appelé les étudiants à reprendre les cours et se préparer pour les examens prévus le 14 janvier prochain. « Tout retard à ces échéances pédagogiques importantes impactera négativement et décalera automatiquement le calendrier des examens de fin d’année pour tous les niveaux, notamment ceux de fin de cursus, qui doivent déposer leurs attestations de réussite au niveau des directions de l’éducation à partir du congé estival, et ce, afin de leur remettre leurs décisions de nominations», indique l’administration de l’école. En signe d’apaisement, la direction de l’école cite les assurances du ministère de l’Education contenues dans le communiqué du 21 décembre dernier, concernant la garantie de postes budgétaires pour tous les diplômés des ENS, conformément aux contrats signés avec le ministère de l’Education, et aussi la dernière déclaration du président de la République qui s’est engagé le 22 décembre à assurer un emploi à tous les diplômés de l’ENS. Hier, les étudiants se sont réunis avec l’administration de l’école, indique l’ONEA. Selon la même source, les étudiants, ont demandé des «garanties tangibles», en soumettant à l’administration de l’école des statistiques et des cas de ce qu’endurent les diplômés des ENS dans le recrutement. Une revendication soulevée par les étudiants des autres ENS, qui exigent également le règlement de la situation des enseignants qui travaillent par détachement en les intégrant dans les cycles pour lesquels ils ont été formés, à savoir des garanties de recrutement direct. Ils demandent également de mettre en place une plateforme numérique des postes réservés aux diplômés des ENS pour leur recrutement en «toute transparence». Pour rappel, depuis le déclenchement de la grève dans les ENS, le ministre de l’Education a multiplié les assurances en direction des étudiants, et le président Abdelmadjid Tebboune s’est également engagé à garantir un emploi à tout diplômé des ENS, soulignant l’intérêt particulier qu’il accorde à l’Education. Il a précisé que l’Ecole, contrairement à l’Université, garantit de facto un poste de travail à ses diplômés, affirmant ainsi qu’il n’a jamais été question de refuser de recruter les diplômés des ENS et que la décision de titularisation est «officiellement tracé». <