Point de pluies tout au long des mois de janvier et février. Un grave déficit pluviométrique qui, tout au moins, commence à inquiéter sérieusement. Mais pour le ministre des Ressources en eau, Arezki Berraki, il n’y a pas lieu de s’alarmer à partir du moment où, selon lui, « les réserves hydriques actuelles sont suffisantes pour satisfaire aussi bien les besoins en alimentation en eau potable (AEP) des populations que l’irrigation des périmètres agricoles tributaires d’arrosage d’appoint ».

C’est ce qu’il a affirmé aux médias en marge d’une rencontre d’information sur la promotion de la production nationale des équipements hydriques qui s’est tenue jeudi dernier. Pour appuyer ses dires, le ministre a fait savoir que les besoins seront satisfaits « dès lors où la moyenne de remplissage de l’ensemble des barrages que compte le pays avoisine les 63%, soit 4 milliards de mètres cubes d’eaux ». Poursuivant dans ce sens que « ces volumes vont pouvoir couvrir 33% des besoins ». Le premier responsable a par ailleurs tenu à rappeler : « Outre les barrages, les réserves de la nappe phréatique contribuent à hauteur de 60% à la couverture des besoins en eau. Autre apport, celui de la production des unités de dessalement. » Sur ce dernier point, il fera savoir que le pays compte 13 stations de dessalement implantées sur le littoral et destinées à approvisionner les villes côtières en eau. Comme il a annoncé dans la foulée le lancement des chantiers pour la réalisation de trois nouvelles stations. Et de faire savoir, pour clore ce chapitre : « Dans le cadre du plan d’action du gouvernement, le programme de réalisation de stations de dessalement va se poursuivre en 2021. » Revenant sur l’AEP, le ministre a indiqué que son département a arrêté pour l’année 2020 un objectif principal consistant à approvisionner, quotidiennement, toutes les communes du pays en eau potable. Révélant au passage que 661 communes souffrent de manque d’approvisionnement en eau. « Plus de 400 communes bénéficieront avant l’été prochain d’un approvisionnement quotidien en eau potable, en attendant de satisfaire la demande des communes restantes avant fin 2020 », a-t-il précisé. Toujours à propos de l’AEP, le ministre a avancé que son secteur veillera à réduire le taux de fuites de 7% cette année « de manière à revoir à la baisse les déperditions », a-t-il précisé. Concernant les besoins d’irrigation des périmètres agricoles, le premier responsable des ressources en eau a appelé les agriculteurs à utiliser les systèmes permettant d’économiser l’eau, à l’instar du système d’irrigation au goutte-à-goutte. Il a enfin dit s’attendre à un retour de la pluie en mars et avril prochains. Cependant, il a avoué que si le défaut de pluviométrie venait à persister ses services procèderont à l’évaluation de la situation fin avril prochain pour prendre les mesures et les dispositions nécessaires en vue de garantir l’approvisionnement en eau pour 2021.

Campagne céréalière : mars et avril des mois cruciaux
Mais c’est du côté des agriculteurs que l’absence de pluie devient de plus en plus inquiétante dès lors où le déficit pluviométrique actuel risque de compromettre la maturation des cultures et plus particulièrement les céréales. Toutefois, les céréaliculteurs gardent l’espoir d’un retour de la pluie durant les deux mois à venir. En effet, il est admis que mars et avril sont des mois cruciaux car c’est la période du tallage qui nécessite beaucoup d’eau. En d’autres termes, si d’ici à la mi-mars, la pluie fait son apparition les agronomes attestent que les cultures céréalières sont sauvées. Dans le cas contraire, cela risque d’être fatal pour la campagne céréalière notamment dans les wilayas où cette spéculation est précoce.
Pour l’heure, les agronomes s’accordent à dire qu’il est prématuré de parler de sécheresse. Par contre, ces derniers avancent que la forte pluviométrie enregistrée en octobre et novembre derniers est suffisante pour le moment. « Sachant que les plantes, notamment les céréales, sont peu gourmandes en eau en cette période de l’année », a affirmé récemment le directeur général de l’Institut national des sols, de l’irrigation et du drainage (Insid), Negri Cherif.
Pour ce responsable, qui animait une journée d’information, il faudrait attendre les prochaines semaines pour décréter l’état de « sécheresse agricole » dans le cas où les pluies n’arriveraient pas à temps. « Même dans pareil cas, les agriculteurs recourront à l’irrigation complémentaire autant de fois qu’il faudra », a-t-il souligné. L’irrigation d’appoint (réserve d’eau) constitue effectivement l’une des solutions pour ce type de contraintes.