Les espaces où sont enregistrés des rassemblements à caractère cultuel comme les mosquées ou de détente et de loisirs tels les jardins publics sont désormais sous verrou sanitaire vu l’ampleur prise par la contamination quotidienne à la Covid-19 qui met plus que jamais le pays en alerte.

C’est sous la pression des chiffres à la hausse que les autorités publiques ont décidé, depuis hier, de suspendre la prière du vendredi au niveau de la grande mosquée d’Alger, une semaine seulement après avoir été inaugurée. Un rendez-vous marqué par une très forte affluence et un agglutinement indescriptible des fidèles devant les accès, ce qui est en contradiction avec les exigences du contexte sanitaire.
Suscitant, en effet, des réactions désapprobatrices de la part de personnes inquiètes en ce que ce genre de rassemblement risque d’être source de contamination à la Covid-19, la décision de suspension de la prière du vendredi a été prise par la commission interministérielle présidée par le ministre des Affaires religieuses, Youcef Belmehdi, qui s’est réuni lundi sur instruction du Premier ministre pour trancher la question devenue un sérieux casse-tête.
La même commission a précisé, dans un communiqué rendu public, que la prière du vendredi à la grande mosquée «reprendra une fois les conditions réunies au vu de la situation pandémique sensible actuellement». Dans son argumentaire, la commission dit avoir «relevé que la grande mosquée d’Alger a accueilli, vendredi dernier, une foule nombreuse de fidèles», notant que «des observations ont été faites et le Comité scientifique a mis en garde contre les éventuelles répercussions des dépassements relevés sur la santé publique». La commission a ajouté avoir discuté des conditions dans lesquelles s’est déroulée la prière du vendredi à travers plusieurs wilayas saluant ce qu’elle considère comme «le sens de responsabilité et la prise de conscience des citoyens à travers les wilayas du pays en dépit du grand nombre des fidèles accueillis dans plusieurs mosquées».
Faisant part de son inquiétude quant à l’évolution «préoccupante» de la pandémie, particulièrement ces derniers jours, appelant les citoyens à «faire preuve de prudence et de vigilance et à respecter les mesures préventives en vigueur». Cette situation compliquée a poussé, par ailleurs, la wilaya d’Alger à décider de «la fermeture de tous les jardins publics et espaces de loisirs et de divertissement» se trouvant dans la wilaya et «la prolongation de la mesure interdisant toute forme de rassemblements d’individus et familiaux, mariages, circoncisions, réceptions et au niveau des cimetières, où des sanctions sévères devront être prises à l’encontre des contrevenants».
Les autorités de la wilaya d’Alger, où le taux de contamination est en hausse et où les hôpitaux se plaignent de l’indisponibilité des places pour les nouveaux atteints, ont décidé de procéder à la fermeture des marchés de vente de véhicules d’occasion au niveau de l’ensemble du territoire de la wilaya. Quant aux marchés hebdomadaires, un programme de contrôle strict doit être adopté par les services compétents afin de s’enquérir du respect des gestes barrières relatifs à la pandémie, exhibant la menace de «la fermeture immédiate» de chaque marché hebdomadaire où le protocole sanitaire n’est pas respecté.
C’est dire, finalement, comment le rebond inquiétant de la pandémie a contraint les autorités à revoir leurs calculs dans la gestion de certains espaces publics dont l’autorisation à la fréquentation populaire semble discréditer les autres mesures de coercition dans la lutte contre la propagation du virus. n