Figure importante du théâtre et du cinéma algériens, la comédienne Farida Saboundji, véritable tête d’affiche des feuilletons télévisuels des années soixante, soixante-dix et quatre-vingt avec son éternel chignon et ses airs de mégère aristocratique, s’est éteinte, hier, à l’âge de 92 ans, des suites d’une longue maladie.

Par Sihem Bounabi
Suite à l’annonce de son décès, une pluie d’hommages de gens de la culture et d’anonymes a circulé sur les réseaux sociaux, à la mémoire de cette grande dame du grand et du petit écrans algériens. Méchante au grand coeur, elle a marqué de nombreuses générations par ses répliques cultes, ses performances alliant gestuelle et paroles et son accent algérois dans ses nombreux rôles de femme forte qu’elle a brillamment incarnés.
Le président de la République Abdelmadjid Tebboune a adressé un message de condoléances à la famille de la comédienne, Farida Saboundji, où il souligne que c’est avec une grande affliction et tristesse que j’ai appris la nouvelle de la disparition de Farida Saboundji». Il ajoute dans son message de condoléances à la famille de la défunte, ainsi qu’à la famille artistique et culturelle, qu’«en cette douloureuse circonstance, nous faisons nos adieux à un nom célèbre parmi les grands comédiens algériens. La défunte a gagné, avec une élite de comédiens, l’estime et le respect du public, à travers les œuvres théâtrales et cinématographiques de haute facture qu’elle a interprétées, s’érigeant ainsi en exemple pour des générations de comédiens».
Avec un long parcours de 50 années vouées au théâtre et au petit écran, Farida Saboundji qui, en 2017, a été décorée de la Médaille de l’ordre du mérite national au rang de «Djadir», a commencé sa carrière artistique à l’âge de 13 ans au théâtre radiophonique. Elle compte à son actif plusieurs prestations aux côtés de grands acteurs, à l’image de Mahieddine Bachtarzi, Rouichet (Ahmed Ayad) ou encore Mohamed Touri et les pionnières des planches, Kelthoum et Nouria.
Née le 10 août 1930, au vieux quartier de Douirette à Blida, la comédienne joue, dans les années 50, plusieurs rôles notamment au théâtre classique au TNA, appelé à l’époque l’Opéra, dont «Othello», «Don Juan», «Tartuffe» et bien d’autres. Saboundji a participé, également, aux grands classiques algériens gravés dans la mémoire des Algériens dont «Khoud Ma’Atak Allah» de Hadj Rahim aux côtés de Nouria, Ouardia, Fatiha Berbère, Mustapha El-Anka et Hassan Hassani. La défunte a également joué dans le film «Médaille à Hassane», de Hadj Rahim, adapté de la pièce de théâtre «El Baouaboun» (Les Concierges), aux côtés de Sid-Ali Kouiret, Rouiched, Yahia Ben Mabrouk, Mustapha Preure et autres. «Bab El Web» de Merzak Allouache et «Maintenant ils peuvent venir» de Salem El Ibrahimi sont autant de films auxquels elle a participé.
Farida Saboundji est apparue aussi dans plusieurs feuilletons dont «El Macir» (1989) du défunt réalisateur Djamel Fezaz, où elle a brillamment joué le rôle d’une femme aristocrate et arrogante, et «Kaid Ezzamane» (1999) du même réalisateur, ainsi que dans le sketch «La belle-fille et la belle-mère» avec Noria. «Dar El Bahdja» aux côtés de Bayouna était le dernier feuilleton auquel elle a participé. La défunte a joué dans le film télévisé «Diaf Bla Aarda» du défunt réalisateur Mohamed Hilmi aux côtés de grandes figures de l’art algérien telles que Mohamed Hilmi, Omar Guendouz, Salah Aougrout, Anissa et Abdelhamid Rabia. La regrettée Farida Saboundji a été accompagnée par une foule nombreuse, hier, à sa dernière demeure, au cimetière d’El-Alia à Alger. n