Des partisans de Julian Assange ont protesté lundi devant l’ambassade équatorienne à Londres où les biens du fondateur de WikiLeaks devaient être saisis avant leur remise aux autorités américaines, qui réclament son extradition. Brandissant des pancartes «Libérez Assange», une douzaine de personnes se sont rassemblées devant le bâtiment diplomatique en invectivant le président équatorien Lenin Moreno au cri de «Traître». L’Australien de 47 ans s’y était réfugié le 19 juin 2012, craignant d’être arrêté par les autorités britanniques puis extradé et jugé aux États-Unis pour la diffusion en 2010 de plus de 700.000 documents sur les activités militaires et diplomatiques américaines. Après y avoir passé presque sept ans, Julian Assange y a été interpellé par la police britannique le 11 avril, avec l’aval de Quito. Condamné ensuite à 50 semaines de prison pour s’être soustrait à la justice britannique en 2012, il est incarcéré à la prison de Belmarsh, dans le sud-est de Londres, et fait face à une demande d’extradition américaine. La chambre qu’il occupait à l’ambassade devait faire lundi l’objet d’un inventaire et ses biens devaient être saisis, selon un document judiciaire équatorien publié par WikiLeaks. Parmi ces biens figurent deux manuscrits, son dossier médical et de l’équipement électronique, a précisé l’organisation. Le ministre équatorien des Affaires étrangères, José Valencia, avait indiqué la semaine dernière que la justice équatorienne déciderait «quels biens» il conviendrait ou non «de remettre aux autorités des Etats-Unis», et quels effets personnels seraient rendus à leur propriétaire. «Cela dérive d’un ordre judiciaire clair» émis par un juge équatorien compétent, avait-il ajouté. Mais pour l’une des manifestantes, la journaliste vénézuélienne Carolina Graterol, cette procédure est «une violation de la vie privée et de la liberté d’expression». «Ils enfreignent toutes les lois qui nous protègent en tant que journalistes et créent un précédent très dangereux», a-t-elle dit à l’AFP. Egalement dans la manifestation, Fidel Narvaez, ancien consul de l’Equateur à Londres, a mis en garde contre le risque que des documents soient «falsifiés» pour nuire à M. Assange.<