Hier, samedi, le chef de l’armée britannique a mis en garde samedi le Royaume-Uni contre la menace posée par la Russie, «bien plus grande » que celles posées par certains groupes djihadistes comme l’État islamique (Daech).

«La Russie aujourd’hui représente indiscutablement une menace bien plus grande pour notre sécurité nationale que les menaces extrémistes islamistes que représentent Al-Qaïda et le groupe État islamique », a déclaré le général Mark Cerleton-Smith, chef de l’état-major interarmes, dans un entretien au quotidien «The Telegraph».
Cette déclaration intervient après une visite en Estonie, où des troupes britanniques sont déployées dans le cadre d’un programme de l’Otan, à quelques 150 kilomètres de la frontière russe.
Pour le général Celerton-Smith, «la Russie a montré qu’elle était prête à utiliser la force militaire pour défendre et développer ses propres intérêts nationaux». «Les Russes cherchent à exploiter la vulnérabilité et la faiblesse partout où ils la détectent ». Il a notamment mis en garde contre les risques « non traditionnels» posés par Moscou, mentionnant la cybercriminalité, la guerre sous-marine ou dans l’espace.
A l’inverse, il a estimé que la «menace islamiste» avait «diminué avec la destruction» du groupe État islamique (Daech). Ces déclarations ont rapidement fait réagir le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. «En ce qui concerne les déclarations du chef d’État major britannique, nous ne pouvons pas interdire à quelqu’un de mettre en évidence ses capacités intellectuelles », a-t-il ironisé au cours d’une conférence de presse.
Par ailleurs, Mark Cerleton-Smith a également affirmé qu’il «ne soutiendrai(t) aucune initiative qui diluerait l’efficacité de l’Otan», en référence au projet de création d’une armée européenne, défendu par le président français Emmanuel Macron. « L’Otan représente le centre de gravité de la sécurité européenne », a-t-il souligné, en appelant à « renforcer » ses moyens.