Trois centres d’accueil pour migrants irréguliers ont été réalisés à In-Salah, Tamanrasset et In-Guezzam. Ces structures font partie du dispositif de reconduite aux frontières des étrangers en séjour illégal dans notre pays et servent de lieu de transit aux ressortissants subsahariens en route vers leurs pays d’origine.

Elles font partie des moyens mobilisés pour leur retour dans « de bonnes conditions et dans le respect des chartes internationales », a indiqué à ce sujet le ministre de l’Intérieur. Noureddine Bedoui, qui a inauguré avant-hier un centre d’hébergement pour migrants à In-Guezzam, est désormais dans la logique d’une politique de découragement de la migration irrégulière vers notre pays comme pays de destination ou de passage. Il n’a pas toujours été sur cette position puisqu’on se souvient de ses déclarations sur la nécessité d’établir un fichier national pour les migrants afin de mieux les intégrer mais ce discours date d’avant août 2017 et le départ du gouvernement Tebboune.

Depuis cette période et l’arrivée de l’actuel gouvernement Ahmed Ouyahia, la donne a changé. La question migratoire, bien que prise en charge notamment par les acteurs nationaux de l’humanitaire, le Croissant-Rouge algérien en premier, n’est plus abordée que sous l’angle de la sécurité, valant à l’Algérie les critiques des ONG et du Haut-Commissariat aux réfugiés avec lequel les échanges verbaux se sont multipliés depuis des semaines. Si l’ouverture de centres d’hébergements pour migrants est un symptôme de cette politique de méfiance et de restriction à l’égard des migrants, le dernier échange avec les ONG et le HCR indique, lui aussi, les batailles que le gouvernement algérien va encore sans doute mener sur cette question. Il concerne, rappelons-nous, l’affaire dite des migrants moyen-orientaux et des 120 personnes originaires de Syrie et du Yémen que les autorités algériennes ont expulsés vers le Niger. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés avait exprimé son inquiétude sur cette expulsion et avait demandé à l’Algérie de permettre leur protection. Alger a répondu par son ministère de l’Intérieur que ces personnes sont une menace pour la sécurité du pays et sont proches de réseaux djihadistes syriens et internationaux. Une position que Noureddine Bedoui a réitéré au cours de son séjour dans le grand Sud algérien, qui s’achève aujourd’hui par la confirmation d’une autre donnée : celle qui consiste, pour le gouvernement, à lier la question de la sécurité et de la lutte contre les trafics aux frontières par le développement.
Autre objectif, faire de ces zones frontalières une rampe de lancement pour les entreprises algériennes susceptibles de rayonner à l’export et vers les pays voisins et ceux d’Afrique de l’Ouest notamment.
Avant de se rendre à In-Salah, hier, dernière étape de son déplacement dans la région, le ministre de l’Intérieur a procédé à la pose de la première pierre d’un projet de base logistique à In-Guezzam, sorte de port sec pour l’entreposage de marchandises avant leur exportation vers le Niger, le Mali et le Burkina-Faso. Il a également présidé la première opération d’exportation d’une cargaison de ciment (20 camions) vers le Niger. Un exposé lui a également été présenté sur le premier vol reliant Alger et In-Guezzam via Tamanrasset.