Les nouvelles restrictions annoncées par le gouvernement, dimanche dernier, dans l’espoir de contenir la vague de contaminations par la Covid-19, étaient plus ou moins attendues. Le premier constat, c’est qu’il n’est pas (encore !) question de confinement général. La recrudescence des cas contaminés depuis plusieurs jours avait fait circuler la rumeur sur l’imminence d’une décision dans ce sens et, finalement, c’est un « non ». Le gouvernement semble ne pas vouloir appliquer le même « raisonnement » que celui mis en place il y a quelques mois. Face à une situation sanitaire de plus en plus inquiétante, les réactions des pouvoirs publics restent prudentes, même si au bout l’efficacité est loin d’être évidente. Le « radical » fait place au « graduel ».
Cependant, les nouvelles mesures font d’ores et déjà de nombreuses « victimes ». Il s’agit des commerces directement impactés par ces restrictions. Dès ce mardi, ils devront cesser toute activité à 15H. Une obligation de fermeture qui est perçue par certains responsables d’établissements comme une condamnation à cesser leurs activités. D’ores et déjà, des restaurants ont décidé de libérer leurs employés et de fermer leurs locaux. S’ils arrivaient plus ou moins à s’adapter aux fermetures à partir de 20H, cette fois, pour eux, c’est impossible de continuer. Les deux services quotidiens assuraient jusque-là, à défaut de rentabilité, un maintien de l’activité. La fermeture à 15H oblige les restaurants à se limiter à un seul « round », et donc à travailler à perte. D’autres commerces ne tarderont pas à fermer, également, et à libérer des employés. Une situation qui risque de perdurer et d’empirer.
Au fil des semaines et des mois, les mesures (évidemment salutaires) de décalage des dépôts des comptes sociaux et du paiement des impôts ne semblent plus suffisantes. A l’instar des autres pays, l’Algérie n’a pas d’autres choix que de trouver d’autres solutions pour résister aux crises multiformes suscitées par la Covid-19.
Il ne faut pas oublier que les difficultés financières des commerces entraînent immédiatement l’augmentation du nombre de chômeurs et, automatiquement, l’aggravation de la crise sociale déjà perceptible lors du confinement général d’il y a quelques mois. Il va falloir trouver, en parallèle aux mesures de restrictions, de nouvelles « clés » pour atténuer la gravité de la situation.