Après avoir bondi, jeudi, sous l’effet de la forte réduction des stocks américains, les prix du pétrole profitaient, vendredi, des chiffres encourageants de la production industrielle en Chine pour améliorer leurs prix et terminer la semaine en hausse. Du coup, les marchés londonien et newyorkais signent leur troisième clôture en hausse consécutive.
En effet, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet a bouclé à 32,50 dollars sur l’Inter Continental Exchange, en hausse de 4,4% par rapport à la clôture de jeudi, alors que le baril américain de WTI a grimpé de 5,9%, à 29,43 dollars. Sur l’ensemble de la semaine, le Brent a grimpé de 5%, alors que le WTI a décollé de 19%, signe d’une rupture avec les moments sombres qui avaient vu la référence américaine cédée loin en dessous de 0 dollar le baril.
Pour rappel, les stocks de pétrole brut ont reculé aux Etats-Unis pour la première fois depuis janvier, surprenant le marché, selon un rapport diffusé mercredi par l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA). Les réserves de brut se sont établies à 531,5 millions de barils (MB) au 8 mai, soit une baisse de 700 000 barils. Les spécialistes interrogés par l’agence Bloomberg tablaient sur une hausse médiane de 4 MB.
Ces chiffres moins pessimistes de l’AIE ont été relayés jeudi par ceux en provenance de la Chine, faisant état d’un rebond industriel de +3,9% au mois d’avril, soit une première chez le premier consommateur mondial de Brut depuis janvier qui dénote d’un retour progressif à la normale dans le premier pays à avoir été le premier à faire les frais économiques de la Covid-19.
«Après un ‘avril noir’, théâtre d’une chute sans précédent de la demande de pétrole et d’un cours du WTI passé sous 0 dollar, la situation s’éclaircit pour les marchés du pétrole», a résumé Stephen Brennock, de PVM.
En plus du recul des stocks américains et du rapport positif sur l’industrie chinoise, la semaine écoulée doit le rebond des prix de l’or noir à la décision de l’Arabie saoudite de réduire davantage sa production pour la porter à 1 million de barils par jour (mbj) en juin. En annonçant, lundi dernier, cette révision à la hausse de ses coupes dans le cadre de l’Opep+, le chef de file de l’Opep dit vouloir s’assurer de la portée de cette démarche au sein de l’organisation. Et en guise de soutien à leur grand voisin du Golfe, le Koweït et les Emirats arabes unis n’ont pas tardé à décider de réduire, eux aussi, leur production de respectivement 80 000 et 100 000 barils supplémentaires par jour durant le mois prochain.
D’autres pays de l’organisation pétrolière pourraient suivre, à leur tour, la logique saoudienne et dépasser leurs quotas de réductions dans la cadre de l’accord convenu entre les pays de l’Opep et leurs alliés, le 12 avril dernier. Un accord qui, faut-il le rappeler, porte sur 9,7 mbj pour les deux mois de mai et juin, puis 7,7 mbj sur le second semestre de 2020, avant de passer à 5,8 mbj entre janvier 2021 et avril 2022.
Mais avec les coupes supplémentaires que s’apprêtent à opérer les trois pays du Golfe, la réduction globale va, bien-sûr, dépasser les 9,7 mbj convenus pour le mois prochain.
La stratégie mise en place par les pays producteurs pour venir à bout de l’abondance du brut provoquée depuis le début de l’année par les mesures sanitaires anti-coronavirus pourra compter également sur les réductions annoncées par les pays hors-alliance, et à leur tête les Etats-Unis et la Norvège, dont les producteurs ont été frappés de plein fouet par l’effondrement de la demande mondiale généré par la pandémie.
De son côté, l’Algérie a réduit sa réduction conformément à l’accord Opep+, a indiqué jeudi le ministre de l’Energie, Mohamed Arkab, dans un communiqué.
M. Arkab, également président de la Conférence de l’Opep, a réaffirmé à l’occasion que «l’objectif primordial est de réaliser un taux de conformité supérieur à 100% pour tous les pays» vis-à-vis de cet accord historique entré en vigueur le 1er mai 2020. Dans ce contexte, il a ajouté que «les conditions et les perspectives du marché pétrolier interpellent tous les producteurs et exigent un respect total de l’accord de réduction de production».
Se disant à nouveau optimiste, le ministre de l’Energie a estimé que «le plus difficile est derrière nous» et que «la situation du marché va s’améliorer rapidement grâce à la reprise de l’activité économique et à l’action des pays de l’Opep+».<