Le chef de l’Etat exhorte les walis à prendre plus d’initiatives. Entre autres faciliter l’accès aux fonciers industriel, agricole et touristique et promet de mener la vie dure aux spéculateurs.

Par Bouzid Chalabi
A l’occasion de son discours d’ouverture des travaux de la rencontre Gouvernement-Walis, qui doit se clôturer aujourd’hui, le chef de l’Etat Abdelmadjid Tebboune n’a pas manqué d’appelé les walis au respect de ses engagement électoraux et de les mener à terme.
Un rappel tout à fait à propos car, a-t-il souligné, de nombreuses directives énoncées lors de la deuxième rencontre du genre, il y a plus d’un an, plus exactement en juin 2020, n’ont pas été appliquées sur le terrain. «A cet effet, il s’agira d’analyser les contraintes que vous avez rencontrées, mais aussi de façon plus prospective, les enseignements à tirer et les moyens d’accélérer les mutations escomptées afin de répondre aux besoins efficacement de la population et ainsi mettre les jalons d’un développement local rénové», a indiqué Abdelmadjid Tebboune. Ce dernier a par ailleurs souligné que «certes, des résultats ont été enregistrés sur le terrain, mais cela reste encore insuffisant car de nombreuses carences persistent». Et de citer l’exemple dans ce sens : «537 communes sont encore dans un pressant besoin d’un transport scolaire, tandis que 817 écoles situées en zone rurale mais au sein desquels la cantine scolaire fait défaut alors qu’elle est indispensable car les élèves viennent de hameaux éloignés. Et donc vous avez l’entière responsabilité pour que cela change». Sur le plan du développement local, le Président de la République a appelé les walis à «être la locomotive de la promotion des investissements en recevant en personne les investisseurs pour barrer la route aux intermédiaires et parvenir à l’objectif de création de la richesse et des emplois». «Il vous est demandé de faciliter leurs démarches en vue de bénéficier d’une assiette foncière. Et une fois cette étape passée, d’en contrôler le suivi», les a-t-il instruits. Toujours dans ce même ordre d’idées, le chef de l’Etat leur a affirmé que «les responsables en poste de l’octroi d’assiettes foncières sont investis de toute la confiance nécessaire puisque leur nomination est intervenue suite à des enquêtes qui ont démontré leur intégrité».Et pour clore ce chapitre, Tebboune a conclu en rassurant les walis que «rien ne justifie la crainte de prendre des initiatives rendues nécessaires car à la clé ce sont des postes d’emplois qui seront créés, libérant ainsi des centaines de jeunes du spectre du chômage».
A propos du chômage, le premier magistrat du pays a annoncé que l’allocation chômage, introduite dans le projet de loi de finances de 2022, sera effective à partir de janvier prochain. «Tous les diplômés sans emploi pourront en bénéficier, ce qui va leur permettre de satisfaire leurs besoins élémentaires», a-t-il soutenu. Avant de passer à d’autres sujets d’actualité nationale, le locataire d’El Mouradia a sommé les walis de clore les dossiers du foncier industriel, agricole et touristique avant la fin de l’année. «Pour vous encourager dans ce sens, il sera mis en place d’ici quelques semaines des agences consacrées à ces trois types de foncier», leur a-t-il assuré. Comme il a insisté à ce que chacune des communes soit pourvue de zones d’activités «pour permettre aux diplômés des centres de formation professionnelle d’exercer leur métier. Réduisant ainsi le taux de chômage chez les jeunes dans vos wilayas», a rapporté le président. S’exprimant sur la hausse des prix, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a déclaré que le ministère du Commerce est tenu de trouver des solutions face aux prix élevés, précisant qu’il existe des lois dissuasives pour criminaliser la spéculation sur les prix. Poursuivant dans ce sens que «certains parasites et intrus dans le commerce provoquaient une spéculation sur les prix», soulignant que «la spéculation est un crime puni par la loi».
Revenant sur le chapitre «économie du pays», le président de la République a annoncé l’ouverture du capital des établissements publics et des banques en fonction de leurs capacités. A propos du soutien des prix à la consommation, le président a souligné que l’aide doit bénéficier aux plus démunis. Rappelant en outre que l’Algérie est «un Etat social», mais encore faut-il «revoir cette stratégie pour la consacrer uniquement aux populations à faibles revenus», a-t-il préconisé.
Rappelons enfin que cette rencontre Gouvernement-Walis est placée sous le thème «Relance économique, équilibre régional, justice sociale». Et où sont présents, outre l’ensemble des walis, des représentants des deux chambres du Parlement, des cadres centraux des différents secteurs ministériels, des entreprises et des instances publiques ainsi que des experts et des spécialistes. <