Ce n’est pas un conseil, mais une «réunion» qu’a tenue mercredi dernier le Premier ministre Noureddine Bedoui avec son équipe exécutive. Mais qu’importe la dénomination, c’est le contenu des dossiers que son gouvernement a examinés, six grands dossiers regardant les départements de l’Energie, de l’Intérieur et des Collectivités, de la Justice, de la Santé et de la Solidarité nationale, dont le caractère marquant concerne avant tout la décision d’accélérer la mise à jour de l’arsenal juridique, relatif au secteur des hydrocarbures et, chemin faisant, celui susceptible de revitaliser l’appareil économique du pays.

D’où l’annonce, à propos du projet de loi de finances 2020, de réviser l’application de la règle 51/49 qui régit l’investissement étranger pour qu’elle ne concerne plus que les secteurs dits stratégiques, à l’instar des richesses du sous-sol et des secteurs des banques et assurances. Ainsi, la réunion gouvernementale de mercredi dernier a porté, en premier lieu, en deuxième lecture sur l’avant-projet de loi sur les hydrocarbures. Un texte adopté par l’Exécutif avant d’être soumis à la représentation parlementaire et dont l’objet, dit-on, est d’améliorer la loi de 2005 et les amendements qui lui ont été apportés en 2013, en fonction des développements que connaît le marché mondial des énergies fossiles. Mais aussi, par rapport aux performances jugées peu satisfaisantes accomplies par Sonatrach en matière de production notamment (lire article ci-dessous). Le commentaire du Premier ministre, qui a eu lieu à propos du secteur énergétique, mercredi, s’applique aisément et également au code de l’investissement et à l’assouplissement attendu en ce qui concerne les IDE (investissements directs étrangers). M. Bedoui a déclaré que la révision de la «loi des hydrocarbures» s’inscrit dans «le cadre de la stratégie adoptée par le Gouvernement en vue de réhabiliter l’économie nationale (…) avec l’accroissement de l’attractivité (…) pour les investissements étrangers».
Outre le volet économique, le gouvernement a eu à examiner, en second lieu, la présentation par le ministre de l’Intérieur du projet de décret exécutif relatif à la réforme du bureau communal d’hygiène, son organisation, son fonctionnement et la définition de ses missions. Trente ans après la création des bureaux communaux, le projet de décret vise à redonner à l’hygiène locale sa vocation par une adaptation du cadre juridique existant et l’amélioration de leur fonctionnement, entaché par plusieurs dysfonctionnements, notamment après la prévalence de certaines maladies et la prolifération de la pollution en milieu urbain. Le bureau communal d’hygiène, affirme le gouvernement, jouira après la promulgation du décret du «pouvoir de prendre des mesures coercitives rigoureuses allant jusqu’à la fermeture administrative des entreprises et structures, outre la suspension provisoire de l’activité et la possibilité de fermer ou de condamner les puits et les sources polluées ou toute autre structure menaçant le citoyen et son environnement».

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De son côté, le ministre de la Justice a été chargé de la mise en place d’un groupe de travail regroupant les secteurs de l’environnement, des ressources en eau, de l’habitat et du commerce pour examiner les modalités de conférer aux différents agents publics le statut de Police judicaire en tant que procédure contribuant à renforcer l’efficacité de leur intervention dans la lutte contre les phénomènes nuisibles à la vie quotidienne des citoyens et à la sécurité de leur environnement.
En troisième lieu, le ministre de la Formation et de l’enseignement professionnels a présenté un exposé sur les deux projets de décrets exécutifs portant création de 20 instituts nationaux spécialisés dont 8 nouveaux centres et 12 centres transformés en institut national au niveau de 18 wilayas. «Ce qui permettra d’assurer10 000 nouveaux postes de formation à partir de l’année 2020», affirme l’Exécutif. Le ministre responsable du secteur est appelé à accélérer l’action de la commission chargée de la concrétisation du projet de baccalauréat professionnel.
En quatrième lieu, la ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme a présenté un exposé sur le projet de décret définissant les conditions et les méthodes de protection et de prise en charge de l’enfant. En cinquième lieu, le gouvernement a écouté deux exposés présentés par les ministres de l’Intérieur et de l’Agriculture sur quatre projets de marchés de gré à gré avec la Société algérienne de fabrication de véhicules de marque Mercedes Benz (Safav), pour l’acquisition de 186 camions citernes anti-incendie pour la lutte contre les petits feux de forêt, au profit de la direction générale de la Protection civile, 80 camions citernes anti-incendie pour lutter contre les grands feux de forêt et 53 véhicules légers 4×4 au profit de la direction générale des
Forêts. Enfin, en sixième lieu, le Gouvernement a écouté l’exposé du ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière sur des projets de passation de marchés de gré-à-gré entre la wilaya d’Alger et «Cosider Construction», pour la réalisation de quatre hôpitaux, dont 3 publics d’une capacité de 120 lits à Baraki, Reghaïa, Aïn Benian et un hopital «Mère-enfant» d’une capacité de 60 lits à Heraoua.