Pour l’heure, aucun ordre du jour n’a été fixé à la prochaine réunion de la tripartite réunissant le Gouvernement, l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) et les patronats.

Mais il se dégage des affirmations des différents patronats contactés, signataires du pacte économique et social de croissance, conviés au rendez-vous économique et social, que la situation de crise du pays planera sur cette 20e édition.

A l’exception de la Confédération des industriels et des producteurs algériens (CIPA) et l’Association générale des entrepreneurs algériens (AGEA), qui restaient injoignables, tous les autres s’accordent à dire qu’au vu de la situation difficile du pays, il faudra arriver à un « consensus » pour le sortir de la crise. Même si certaines revendications des patrons ont été prises en charge beaucoup reste à faire, selon les propos des patronats. Lors de la prochaine réunion tripartite, prévue le 6 mars prochain, à Annaba, le Pacte économique et social de croissance sera évalué. Le dialogue sera « ouvert » et tous les dossiers qui vont vers la résolution de la situation actuelle « difficile » seront abordés, s’accordent à dire les représentants des employeurs. Interrogé sur la participation des syndicats autonomes à cette 20e tripartite, les patronats s’appuient tous sur les textes de loi. Cela dit, ils restent ouvert à l’élargissement du dialogue aux autres syndicats pourvu qu’ils soient « représentatifs ». Pour rappel, certains représentants des syndicats « autonomes » ont participé à la 19e tripartite en tant qu’observateurs. Questionnés sur les sujets ouverts lors de la précédente tripartite, à savoir la retraite et la révision des subventions, les patronats ne se sentent pas concernés par ces dossiers.

CNPA : La nouvelle politique économique est sur «la bonne voie»
Pour le président de la Confédération nationale du patronat algérien (CNPA), Mohand Saïd Naït Abdelaziz, il faudra des « mesures exceptionnelles pour une situation exceptionnelle ». Jusque-là, selon lui, il y a « consensus » depuis 2012 et les « priorités sont fixées ». De l’avis de ce patron, ce qu’on appelle communément « nouveau modèle économique », plus exactement de « nouvelle politique vers l’économique» de l’Etat, qui consiste à « diversifier » la production nationale pour aller vers l’exportation hors hydrocarbures, avec l’objectif de diversifier l’origine des ressources (réserves de change) parallèlement à la réduction des importations, est sur « la bonne voie ».

CGEOA : « Nous nous attendons à une démarche alternative »
En période de crise, souligne le président d’honneur de la Confédération générale des entrepreneurs et opérateurs algériens (CGEOA), Habib Yousfi, « nous discuterons de la situation actuelle. Nous nous attendons à une démarche alternative pour sortir de la situation difficile du pays ». Il faudra, selon M. Yousfi, une participation « active » de chacun des acteurs de l’économie nationale.

CAP : « 12 réformes non appliquées »
La Confédération algérienne du Patronat (CAP), à laquelle sont affiliées 14 fédérations agréées, milite quant à elle pour l’application d’au moins 20 décrets, 200 décisions et les 12 réformes du président de la République. Son président, Boualem Mrakech, dit qu’il suffit d’« un décret permettant le suivi de l’application de tous ces textes, décisions et réformes, pour que 80% des problèmes du pays soient résolus, soit cinquante ans de soucis réglés ». Ce patronat présentera la 3e édition du rapport de mise en œuvre des engagements du Pacte économique et social de croissance, de « 150 pages de résolutions », selon M. Mrakech. Ce patronat propose en somme la création d’une « structure permanente pour consolider la politique économique du gouvernement » dans laquelle seront représentés le gouvernement, les entreprises, les services des impôts, ceux du Trésor, les bailleurs de fonds et les travailleurs. Pour M. Mrakech, la tripartite est un espace où il faudra débattre de « grandes idées et non pas pour résoudre des problèmes individuels ».
Il ajoutera : « Les tripartites ne se tiennent pas pour régler des problèmes mais pour arriver à un consensus sur la démarche à suivre pour sortir le pays de la situation difficile ». Ce patron appelle à faire du réalisme « sans statistiques ni chiffres parachutés, car tous, nous savons où le bât blesse.
Citant le discours officiel qui table sur l’exportation hors hydrocarbure, M. Mrakech a signalé comment cela sera possible sans offre. Pour lui, « les entreprises doivent répondre d’abord aux besoins locaux », sachant qu’« aucun pays ne peut vivre sans importation ». Et dans le cas Algérie, « on ne peut vivre sans hydrocarbures », ajoute-t-il. C’est pourquoi, il faudra, selon le président de la CAP, « une action commune ».

FCE : La régularisation des concessions sur le foncier remise sur la table
Selon le vice-président du Forum des chefs d’entreprise (FCE), Salah Eddine Abdessmed, son organisation patronale remettra sur la table les questions du climat des affaires et les concessions du foncier industriel malgré l’offre existante dans certaines wilayas.
Certaines régularisations du foncier accusent un retard qui varie de 6 mois à une année, selon ses affirmations. En somme, le problème de «la bureaucratie reste un frein aux investissements car au niveau local, il y a une grande disparité par secteur et par wilaya». Depuis deux ans des évolutions sont relevées, selon M. Abdessemed, qui signale que ces freins ont des conséquences sur la trésorerie des entreprises du BTPH mais surtout celles activant dans le bâtiment en raison des retards de paiement, car 90% des projets sont des marchés publics.
Il demande un « focus » sur ce secteur. Le représentant du dernier patronat signataire du Pacte économique et social de croissance appelle à ce que chacun respecte les engagements pris dans ce pacte.