Le premier ministre, Aïmene Benabderrahmane multiplie les rencontres avec les différentes associations patronales. Inscrite «dans le cadre de la poursuite de la série de consultations avec les opérateurs et les partenaires économiques», cette série de rencontres avec les patrons n’en vise pas moins à susciter l’adhésion du patronat de qui le gouvernement attend manifestement une contribution importante pour réussir l’objectif de faire de l’année 2022, l’année du «décollage économique».

PAR NAZIM BRAHIMI
Diversification de l’économie nationale, amélioration du climat des investissements, création de l’emploi et réforme des systèmes bancaire et fiscal ont été les thèmes évoqués par les deux parties à l’occasion de ces rendez-vous de consultations entamés le 17 avril en recevant une délégation du Conseil du renouveau économique algérien (CREA).
Trois jours plus tard, M. Benabderrahmane a reçu, tour à tour, la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC) dirigée par Samy Agli, et la Confédération des industriels et des producteurs algériens (CIPA) conduite par Mohamed Abdelouahab Ziani.
Avant-hier, c’était au tour d’une délégation de la Confédération nationale du patronat algérien (CNPA) conduite par M. Saïd Nait Abdelaziz, et composée de l’Union nationale des transporteurs, de l’Union nationale des investisseurs, des propriétaires et exploitants de stations-service et de carburant et des opérateurs économiques, d’être reçue par le premier ministre.
Il a été ainsi question lors de cet échange du «rétablissement de la confiance entre les composantes du circuit économique», que le gouvernement «place parmi ses priorités» et y travaille en renforçant les canaux de communication, ce qui «permettra d’éliminer la culture de la rente et redonner de la valeur au travail dans la société», selon le communiqué des services du premier ministère à l’issue de l’audience accordée par M. Benabderrahmane à la délégation de la CNPA.
Au cours de cette rencontre, le Premier ministre a écouté des exposés des représentants de la CNPA et qui ont expliqué leur vision pour la reprise économique en décortiquant les mécanismes efficaces pour atteindre les objectifs énoncés dans le plan d’action du gouvernement.

Code de l’investissement, l’incontournable
Il semble cependant que tous les débats entre le Premier ministre et les patrons menaient, directement ou indirectement, vers le prochain code de l’investissement dont le texte sera présenté en Conseil des ministres «d’ici un mois», selon l’affirmation du président Tebboune en début de la semaine. C’est du moins ce qui a été souligné à l’issue de la rencontre entre Benabderrahmane et la délégation de la CAPC où les deux parties ont évoqué «la révision des textes régissant l’acte d’investir, ainsi que l’accompagnement des entreprises dans un climat d’affaires sain et transparent conformément à une approche de concertation globale permettant de bâtir une économie forte et diversifiée».
Le futur cadre réglementaire de l’investissement a été également abordé avec la délégation de la CIPA à qui le premier ministre a fait part de «l’engagement du gouvernement à accompagner les partenaires économiques sérieux» pour une contribution efficace dans la consolidation d’une économie forte et diversifiée surtout en ce qui concerne «la création d’un environnement d’investissement sain et éliminer tous les obstacles bureaucratiques afin de faciliter l’acte d’investir».
Samedi dernier, le chef de l’Etat a fait part de la levée des obstacles sur plus de 800 à 900 projets d’investissement gelés considérant que ces mesures permettront la création de 52 000 emplois.
Auparavant, le 13 mars dernier, Tebboune a retoqué la mouture du projet de loi portant sur le code d’investissement présenté en Conseil des ministres donnant des instructions pour que le ministère de l’Industrie apporte des modifications «de fond en comble» pour la promotion de l’investissement.
La nouvelle loi sur la promotion de l’investissement doit reposer sur la consécration du principe de la liberté d’investissement et d’initiative et la stabilité du cadre législatif de l’investissement pour une durée minimum de dix ans, a affirmé le Président, avait suggéré le chef de l’Etat.
Ce dernier avait recommandé également de revoir les prérogatives jugées discrétionnaires de l’administration dans son traitement de toute opération d’investissement. <