C’est la fin de la pause estivale pour les membres du gouvernement. Ils doivent passer, aussitôt, aux choses sérieuses étant donné les enjeux de la rentrée sociale et la sensibilité des dossiers au menu de l’Exécutif. En effet, de nombreux dossiers sont encore en attente de finalisation, dont les textes d’application de la nouvelle loi sur les investissements qui conditionnent la mise en œuvre officielle de cette nouvelle réglementation.

Par Hakim Ould Mohamed
Les enjeux de cette nouvelle loi, publiée, rappelons-le, au Journal Officiel, en attendant les textes d’application, sont multiples. Il s’agit, d’abord, de mettre un terme à un gel qui aura duré trois années des investissements étrangers ; des statistiques indiquant qu’aucun investissement étranger n’a été enregistré en Algérie depuis 2019. Le Conseil national consultatif pour le développement des petites et moyennes entreprises a laissé entendre qu’il y aurait plus de 1 200 projets étrangers en attente du feu vert des autorités dus aux retards accusés dans l’élaboration de la nouvelle loi sur l’investissement et la préparation des textes d’application lui permettant d’entrer en vigueur. Il y a donc urgence de délibérer sur ce dossier, d’autant que le Conseil national des participations de l’Etat, qui avait pour mission de donner le feu vert aux projets d’investissement, ne s’est pas réuni depuis trois années, exception faite des rares entrevues dirigées par le Premier ministre pour examiner des dossiers urgents. Tous les autres projets étaient suspendus jusqu’à promulgation de la nouvelle loi.
La publication des textes d’application devrait ainsi marquer un tournant décisif qui permet de dégeler une situation handicapante vieille de trois années. C’est l’un des dossiers urgents se trouvant sur la table du gouvernement qui, en plus de la finalisation des textes d’application de la nouvelle loi sur l’investissement, doit préparer le budget de 2023, dont les arbitrages s’annoncent pour le moins complexes en raison de la baisse des prix du pétrole et de la hausse de l’inflation qui érode le pouvoir d’achat des ménages et des entreprises.

Arbitrages budgétaires difficiles et Course contre la montre
Après la promulgation par ordonnance de la Loi de finances complémentaire 2022, le gouvernement doit examiner sous peu la première copie de la loi budgétaire principale du prochain exercice, laquelle coïncide avec l’entrée en vigueur des nouvelles modalités de calcul du budget, conformément à la loi organique des lois de finances dans le cadre de la mise en œuvre des réformes financières engagées par le gouvernement.
Entre les impératifs de lutte contre l’inflation et l’érosion du pouvoir d’achat et ceux de faire repartir la croissance au moyen d’un retour à l’investissement budgétaire, les arbitrages qui s’offrent au gouvernement au titre du prochain exercice ne sont pas faciles. D’autant plus que les cours du brut, dont la hausse a permis de renouer avec la politique d’extension budgétaire dès cette année, vont en s’affaiblissant, exigeant ainsi une plus grande vigilance en raison des incertitudes actuelles.
Le gouvernement devrait, également, préparer dès son retour de vacances la présentation de la déclaration de politique générale. Le mois de septembre marque une année depuis la présentation par Aimene Benabderrahmane de son plan de travail. La prochaine déclaration de politique générale serait l’occasion d’évaluer la performance des ministres un an après avoir reçu les tâches, sans oublier la préparation du Sommet arabe prévu en Algérie en novembre prochain, dont le gouvernement a fait un des plus grands défis.
Cependant, immédiatement après leur retour de vacances, les membres du gouvernement, en plus de ces dossiers à la fois chauds et sensibles se trouvant sur la table de l’Exécutif, doivent entamer la préparation rapide de l’entrée sociale. Avec la montée des cas de contamination au Covid, le retour des élèves à l’école, dont la date est prévue le 20 septembre prochain, elle ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices. Tous les autres ministères s’attelleront également à régler les questions jusqu’ici en suspens à leur niveau.
C’est carrément une course contre la montre qui s’engage au niveau de certains départements ministériels, notamment depuis que le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a indiqué que l’évaluation des membres du gouvernement se fera sur la base du niveau de mise en œuvre des recommandations des Conseils des ministres.