Le gouvernement a décidé de faire le ménage au niveau du secteur du commerce extérieur avec le limogeage de trois hauts responsables, dont le P-DG de la Banque extérieur d’Algérie (BEA), le Chef de cabinet du département du Commerce et le Directeur général du commerce extérieur.

Le P-DG de la BEA, Saïd Kessasra, a été limogé avant-hier et il est remplacé par le DG du Crédit, M. Smiti pour assurer l’intérim, a-t-on appris hier. La nouvelle a été confirmée par des informations recoupées obtenues auprès de sources, ayant requis l’anonymat, au sein de ladite banque et du ministère.
Ce PDG, nommé par le Gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Loukal, pour lui succéder, n’aurait pas donné satisfaction sur le plan de la « gestion » en six mois. Selon des indiscrétions, «il aurait commis une faute extrêmement grave» et se serait entouré de personnes qui étaient loin de considérer les enjeux relatifs à l’activité de cette banque. La BEA gère les avoirs du Groupe Sonatrach, principal client, et ceux de l’Armée nationale. M. Kessasra aurait nommé des responsables « incompétents » à des postes « stratégiques » au sein de la banque, selon une source bancaire. Ce P-DG de la plus importante banque de commerce extérieur n’est pas le seul à subir ce sort, puisque le département du Commerce a également connu des limogeages.
L’information relative au limogeage de M. Kessasra, bien qu’elle date réellement de plusieurs jours selon une bonne source, est tombée publiquement hier en même temps que celle indiquant que Abdelmadjid Tebboune, assurant l’intérim de son collègue, Bakhti Belaïb, a relevé de leurs fonctions le Chef de cabinet du ministère, Noureddine Terbag, et le DG du commerce extérieur, Saïd Djellab. Parmi les hypothèses évoquées mais non encore vérifiées, ce dernier devait remettre ce mois de janvier deux dossiers d’une extrême importance au gouvernement via sa hiérarchie.
Il s’agit du dossier sur la concession automobile qui « accuse un retard, ce qui a provoqué le mécontentement des concessionnaires ». L’autre hypothèse avancée également porte sur « la copie du dossier sur l’accord d’association avec l’Union européenne (UE) en vue de sa révision qui n’a pas été remise ». Le ministre du Commerce devrait être à jour en ce qui concerne les dossiers à mettre en point en perspective des discussions de renégociation de l’accord d’association, mais il semblerait que les cadres devant assumer cette tâche ne l’aient pas.
Des observateurs au fait des activités du ministère du Commerce ont fait ce commentaire : Abdelmadjid Tebboune frappe fort et intervient là où peu de personnes ne l’attendaient à quelques mois des élections législatives et du renouvellement de l’équipe exécutive. En décrypté, il faut surtout comprendre que la maladie de Bakhti Belaib, souffrant, n’a pas permis à ce dernier d’assurer le suivi adéquat de certains dossiers. Dans le même temps, des cadres n’ont pas cru nécessaire de se rappeler qu’ils ont une mission républicaine à assumer et des comptes à rendre au gouvernement… Il est à rappeler que lundi dernier, le directeur régional des Douanes au port d’Alger, Zoubir Aloui, cité par Echourouk, a évoqué 60 affaires liées à l’infraction de change recensées par leurs services, en 2016. Ainsi, 22 milliards ont été transférés via le port d’Alger seulement par des hommes d’affaires, importateurs et entreprises fictives. Cette augmentation d’infractions de la réglementation des changes s’explique par le recours des investisseurs, importateurs et hommes d’affaires à la tricherie, à travers le faux, l’usage de faux et les fausses déclarations…. M. Tebboune a-t-il fait le coup de balai pour ce dossier également ?