Par Bouzid Chalabi
Alors que tout semblait présager que la rencontre de dimanche dernier, entre les représentants des boulangers et le ministère du Commerce, allait se solder par des résolutions concrètes, c’est dans une situation d’impasse que se sont retrouvées les deux parties. Seule décision prise, se revoir lundi prochain. C’est donc le retour à la case départ.
Il y a lieu de souligner que les deux fédérations de boulangers ont insisté pour se faire entendre auprès du ministère du Commerce après les sanctions coercitives prises à l’encontre de certains boulangers qui avaient décidé, le 1er janvier, d’une hausse surprise et unilatérale du prix de la baguette de pain ordinaire passant ainsi de 10 à 15 DA. Des décisions de fermetures de boulangeries qui n’ont pas été du goût de la dite corporation et il n’en fallait donc pas plus pour qu’elle monte au créneau et surtout de «pousser le ministère du Commerce à prendre ses responsabilités», a indiqué dimanche dernier à Reporters Omar Ameur, président de la Fédération des boulangers, affiliée à l’Association nationale des commerçants et artisans algériens (ANCA).
Rappelons, en outre, que les doléances des boulangers sont anciennes mais, jusqu’ici, restent sans résolution, sinon par des promesses qu’elles seront prises en charge. Ce n’est qu’à la suite d’un avis d’appel à la grève, en octobre dernier, qu’ils ont été informés par le ministère de tutelle que «le dossier du pain est au niveau de la chefferie du gouvernement».
Notons qu’à cette heure, rien n’a filtré de cette réunion. Toutefois, on a appris du Secrétariat de l’UGCAA qu’il sera question, lors de cette entrevue, de mettre les points sur les i et de faire en sorte de trouver des solutions urgentes et efficaces pouvant satisfaire toutes les parties. Depuis, la corporation broie du noir. C’est ce que soutient Omar Ameur. Non sans lâcher : «Notre corporation est à l’asphyxie depuis que tous les intrants ont augmenté, c’est notamment le cas de la levure qui atteint 200%, les salaires et les charges. Ce qui, par voie de conséquence, a rendu notre marge bénéficiaire des plus insignifiantes. Poussant du coup de nombreuses boulangeries à cesser de produire du pain tandis que d’autres ont carrément fermé».
A ce titre, 8 000 boulangeries ont cessé leurs activités en 2021, fait remarquer le président de la Fédération des boulangers affiliée à l’UGCAA, Youcef Kalafat, lors de sa dernière sortie médiatique. C’est pour dire, à travers ce chiffre, que les artisans boulangers, pris dans l’engrenage du travail à perte, n’ont trouvé d’autres alternatives que de mettre à l’arrêt leur pétrin. Ils sont donc de moins en moins nombreux à se maintenir en activité. Ce qui explique les queues devant les boulangeries». Des scènes qui montrent que le pain connaît aussi sa crise. C’est pourquoi les boulangers estiment que les tergiversations de la tutelle ont trop duré et «il y a donc urgence de trouver des solutions à leur difficile situation», lancent-ils à l’unanimité. Tout en espérant que la prochaine réunion débouchera sur des résolutions concrètes. Nous serons fixés lundi prochain. <