Le suspense reste entier sur la composante du gouvernement Abdelaziz Djerad qui aura la mission difficile de remettre le pays en marche après une année 2019 agitée à plus d’un titre. Et si les supputations ne se sont pas estompées au sujet des noms des futurs membres du gouvernement, renforcées par l’audience de consultations accordée, hier, par le président Tebboune à l’ancien chef du gouvernement, Ahmed Benbitour, force est de constater que les partis politiques ayant engagé leurs candidats lors de la dernière présidentielle, seraient aux abords du gouvernement attendu.
Des indiscrétions font ainsi état de la rentrée du mouvement El Bina au gouvernement Djerad, une évolution imposée, dit-on, par le score réalisé par le candidat du parti, Abdelkader Bengrina, lors du dernier scrutin qui l’a vu se classer deuxième juste le candidat élu. Du côté d’El-Bina, d’obédience islamiste et dissident du MSP, on affirme que le parti a bel et bien été approché par les autorités pour faire partie du gouvernement d’autant plus que le natif de Ouargla a affiché samedi à Sétif son adhésion à la feuille de route déclinée par le premier magistrat du pays. Une ambition, pour rappel, exprimée par Bengrina au lendemain de la consultation électorale quand il a fait part de son espoir de voir la composante du futur gouvernement refléter «la carte politique» issue de l’élection présidentielle.
Bengrina faisait en effet référence au nombre de votants qui lui ont exprimé leurs suffrages, estimé à plus d’un million et demi.
L’ambition de Bengrina semble pouvoir se réaliser à en croire un responsable d’El-Bina, selon qui le «parti a donné son accord à la présidence de la République pour intégrer le gouvernement Djerad».
La même source précise qu’il «s’agit d’un accord de principe pour le moment et que des détails devraient être réglés ces jours-ci».
Le parti de Bengrina mise sur combien de portefeuilles ? Préfère-t-il des secteurs bien précis ?
A en croire notre source, le parti table sur deux portefeuilles ministériels, précisant que ce n’est que lors des discussions avec les émissaires du gouvernement que seront définis les ministères que les figures d’El Bina auront à gérer. En plus d’El-Bina, le Front El Moustakbel peut lui aussi faire son entrée au gouvernement Djerad.
«Notre formation politique qui a gagné beaucoup de terrain durant les dernières années notamment sur le plan de son assise politique et militante paraît dans une position favorable pour jouer un certain rôle dans le prochain gouvernement», nous affirme un membre de la campagne électorale du candidat du Front El Moustakbel arrivé quatrième dans la course vers le palais d’El Mouradia.
En tout état de cause, le suspense reste entier pas uniquement sur la part des partis politiques dans ce gouvernement, mais aussi sur la trajectoire des uns et des autres. D’autant plus que le gouvernement attendu hérite d’une situation difficile marquée par la forte exigence citoyenne dans la gestion des affaires publiques. Une exigence qui met une pression supplémentaire sur l’Exécutif de Djerad dont la priorité semble être le rétablissement de la confiance entre le citoyen et ses gouvernants. Un objectif qui ne saurait se réaliser sans des choix judicieux de nature à améliorer la gestion des affaires publiques pour susciter la nécessaire adhésion citoyenne pour l’action gouvernementale.