“C’est l’Algérie qui est visée” par la visite du ministre de la Défense de l’entité sioniste au Maroc, a soutenu le président du Conseil de la nation, Salah Goudjil.

En marge de de l’adoption de la loi de finances 2022 par le Conseil de la nation, le deuxième homme de l’Etat a souligné que “les ennemis se mobilisent de plus en plus pour porter atteinte à l’Algérie”.

Pour Salah Goudjil, plus de doute. “Aujourd’hui, les choses sont claires avec la visite du ministre de la Défense de l’entité sioniste au Maroc, après celle effectuée par le ministre des Affaires étrangères de cette entité dans ce pays voisin. Ce dernier avait menacé l’Algérie à partir du Maroc et il n’y a eu aucune réaction du gouvernement marocain”.

“Si cette visite avait été celle du ministre du Tourisme ou de l’Economie de l’entité sioniste, elle aurait pu être interprétée comme entrant dans le cadre des relations déjà en place, bien que dissimulées, entre ce pays (Maroc) et l’entité sioniste, mais dès lors qu’il s’agit de la visite du ministre de la Défense de cette entité au Maroc, c’est l’Algérie qui est visée”, a affirmé le président du Conseil de la nation. Et de s’interroger : “où sont les frères, où est le monde arabe et où sont les frères palestiniens ?”.

Réitérant “la position constante de l’Algérie à l’égard de la question sahraouie”, le président de la chambre haute du parlement a déclaré: “notre position reste inchangée concernant le Sahara occidental. Il s’agit de l’autodétermination d’un peuple et l’Algérie a toujours soutenu l’autodétermination des peuples. Le peuple sahraoui doit jouir de son droit à l’autodétermination”. “Le peuple sahraoui est libre de choisir son destin. Qu’il choisisse l’indépendance ou l’annexion à un autre pays, il est souverain dans sa décision”, a-t-il soutenu. “Nous avons vécu des années de colonisation où était clamée l’Algérie française. Aujourd’hui il est question du Sahara marocain!”, a ajouté M. Goudjil. “Le Sahara occidental n’est pas marocain”, en témoignent les organismes internationaux, avec à leur tête l’ONU.

Accord sécuritaire

Pour rappel, le Maroc et Israël ont conclu hier, 24 novembre, un accord-cadre visant à « renforcer la coopération sécuritaire entre les services de renseignement marocains et israéliens », un an à peine après la normalisation de leurs relations qui suscite une large contestation au Royaume, rapportent des médias.

L’accord a été signé lors d’une visite à Rabat du ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, reçu en début de matinée par le ministre délégué chargé de l’administration de la Défense nationale marocaine, Abdellatif Loudiyi.

Les deux hommes ont signé un protocole d’accord qui lance formellement la coopération sécuritaire « sous tous ses aspects » (planning opérationnel, achats, recherche et développement, etc.) entre le Rabat et Tel Aviv, selon des médias proches des cercles militaires marocains.

Le Maroc et Israël ont normalisé leurs relations en décembre 2020 dans le cadre des « Accords d’Abraham », en échange de la reconnaissance par l’ex-président américain Donald Trump de la prétendue « souveraineté » du Maroc sur le Sahara occidental.