L’entreprise GN Moto, qui distribue depuis 2009 les motos et scooteurs de marque Aprilia, Guzzi et Vespa, pour le compte du groupe italien Piaggio, ambitionne d’investir dans la fabrication locale de certains composants et pièces de rechange consommables, tels les filtres à huile, plaquettes de frein, tuyaux d’essence, les câblages et autres.

A condition, toutefois, que l’entreprise obtienne l’agrément qu’elle attend depuis 2016.
«Nous sommes prêts à investir jusqu’à 3 millions d’euros dans ce projet, qui consistera également en la formation et en le transfert technologique. Mais sans cet agrément, on ne peut pas nous lancer ni même continuer à importer», a indiqué, hier, le gérant de cette entreprise, Mehdi Belkhadem, à l’occasion d’une visite aux locaux de l’entreprise, de l’ambassadeur d’Italie en Algérie, Pasquale Ferrara. Il confie que l’entreprise, en raison de l’absence d’agrément, n’importe plus depuis presque trois ans.
Pourtant, la demande en motos, mobylettes et scooters est en hausse en Algérie. «Nous travaillons, en plus, avec des institutions étatiques, comme les PTT, la DGSN et même l’Anep. Cette dernière, d’ailleurs, a commandé près de 1 000 motos l’an dernier qu’on ne peut honorer», déplore-t-il. Il précise que les lenteurs d’octroi de cet agrément les empêchent non seulement d’investir dans la fabrication locale, mais placent l’entreprise dans une situation financière très difficile. «La demande est là, nos clients sont là, mais on ne fait que perdre de l’argent. Si les choses ne changent pas rapidement, nous serons condamnés à fermer boutique», confie-t-il. L’ambassadeur a souhaité que les procédures d’octroi d’agrément soient effectuées le plus vite possible, «d’autant plus que l’entreprise détient tous les éléments qu’il faut pour contribuer au développement économique national. Nos entreprises veulent passer du commerce à l’investissement dans le cadre de partenariat. D’ailleurs, beaucoup d’entreprises italiennes sont en train de s’installer en Algérie, dans l’énergie, les viandes, le ciment, l’agriculture etc.», a-t-il fait savoir.
Les entreprises italiennes investissent plus dans les moyens de production que dans la consommation. C’est pour cette raison d’ailleurs, a-t-il noté, que les entreprises italiennes ne sont pas trop atteintes par les restrictions des importations en Algérie.
Le volume des échanges commerciaux entre les deux pays, évalué à 9 milliards de dollars, n’est pas touché non plus, selon lui. «Nous importons d’Algérie pour 5,5 millions de dollars en gaz et nous lui exportons essentiellement des machines industrielles. Nous espérons, néanmoins, que les mesures relatives aux restrictions des importations soient provisoires. Car nous sommes pour la libéralisation des échanges et aussi pour le libre choix aux consommateurs», dira-t-il.