En cette période d’intempéries et de chute de neige, les professionnels de la terre s’inquiètent d’ores et déjà sur leurs conséquences, notamment le risque relatif aux glissements de terrain très nombreux dans certaines localités de la wilaya de Tizi Ouzou.

Selon Farid Amrouche, géologue à l’université Mouloud-Mammeri, la wilaya de Tizi Ouzou est vulnérable à ce genre de glissements au vu de la nature de son relief qui est à 80% montagneux. D’après lui, les zones fragiles classées «rouge» par les architectes urbanistes concernent Azazga, Aïn El Hammam, la route reliant la localité d’Azeffoun et la wilaya de Béjaïa et Illilten, dans la commune d’Iferhounène. En effet, le même spécialiste en sciences de la terre a avoué que le non-respect des règles d’aménagement urbain et la négligence des autorités locales sont à l’origine de la multiplication de ces risques qui menacent avec acuité certaines localités de la région. « En plus des pertes financières colossales causées par ces glissements, il y a la psychose et la peur qui s’installent chez les populations issues de ces localités touchées par ce sinistre». Pour y remédier, il a appelé les autorités locales à créer des postes de géologue au niveau des services techniques des Assemblées populaires communales. Ainsi, il a appelé la Direction locale des travaux publics (DTP), qui détient la carte du réseau routier, d’intervenir en temps réel et de définir avec exactitude les zones vulnérables. « Il faut la prévention en amont. Tout en préconisant de surveiller de plus près ces zones menacées par ces glissements, notamment durant la saison printanière, à partir du 21 mars prochain. « Il faut effectuer des études géologiques du sol bien précises pour toutes les zones montagneuses de notre wilaya et des études d’impact et de terrassement avant de procéder à la réalisation d’un ouvrage à utilité publique ou des habitations », a-t-il insisté. Amrouche a indiqué qu’en plus de ces zones rouges citées au-dessus recensées par les architectes depuis les années 1980, il y a de nouvelles zones similaires qui risquent dans le prochain avenir des glissements de terrain. C’est le cas de la ville de Tizi Ouzou et du Centre d’enfouissement technique (CET) d’Oued Falli. Pour cela, il a lancé un appel auprès des autorités locales pour donner plus de prérogatives aux études d’impact et de règles de terrassement avant d’entamer les travaux de réalisation d’une habitation ou d’une infrastructure publique. Le même spécialiste en sciences de la terre a expliqué que les glissements de terrain est un facteur naturel dû à la topographie, la nature de la roche, au cumul de la ressource hydrique et aussi à celui anthropique, qui est le facteur humain et qui est malheureusement à l’origine de l’ampleur de cette catastrophe, a-t-il expliqué.
S. O.