Par Nadir Kadi
Alors que les régions du nord du pays enregistrent de fortes précipitations depuis le début du mois, les conséquences sur les infrastructures, les routes et les habitations commencent à être de plus en plus visibles. Ainsi en plus de plusieurs axes de communication coupés ou rendus difficiles, notamment dans la wilaya de Tizi Ouzou, ces dernières 48 heures ont été marquées par au moins deux impressionnants éboulements à Alger, au niveau de la station de bus de Bir-Mourad-Rais et sur l’axe entre l’hôpital Drid-Hocine vers Ben Aknoun et Garidi.
Les raisons d’une telle vulnérabilité face aux risques naturels s’expliqueraient, selon le responsable, par le caractère exceptionnel des dernières pluies. Le Directeur des travaux publics (DTP) de la wilaya, Abderrahmane Rahmani, précisait en ce sens, hier à l’APS : «Nous avons enregistré une pluviométrie d’une année en quelques jours. Le sol est saturé d’eau et ne pouvait pas supporter toute cette quantité.» Situation qui risque de se poursuivre dans les prochains jours, d’autant qu’un BMS de l’Office national de la météorologie (ONM) prévenait, hier, que «les wilayas d’Aïn Defla, Tipasa, Blida, Alger, Boumerdès, Tizi-Ouzou, Bouira, Béjaïa, Jijel, Bordj Bou-Arréridj, Sétif, Mila et Constantine» sont placées en «vigilance orange» jusqu’à jeudi à 06H, a causes des prévisions de pluie de «30 et 50 mm et pouvant atteindre ou dépasser localement 60 mm sur les wilayas côtières». Les autorités se contenteraient pour le moment de circonscrire les zones à risques. Ainsi à Alger, où la «pluviométrie inhabituelle» a entrainé de «nombreux dégâts, notamment des effondrements rocheux, de chutes de pierres, des éboulements», des «mesures urgentes» ont consisté, jusque-là, en «la fermeture de routes, en déviations de la circulation routière et en évacuation d’habitants occupant des bâtisses menacées», explique le responsable.
Et c’est dans ce contexte, et suite à l’impressionnant éboulement d’un pan de falaise, qu’a été décidée, mardi soir, la fermeture de la «station» de transport des voyageurs de Bir-Mourad-Raïs et la déviation de la circulation. L’éboulement, qui n’a heureusement pas fait de victimes, menacerait toutefois l’intégrité de la construction en cours de réalisation en bordure de la falaise. En ce sens, la DTP précise que l’immeuble de sept étages en surface et «de quatre à cinq étages en sous-sol» sera soumis à une expertise par les services du Contrôle technique de la construction (CTC) d’Alger pour évaluer les risques. Les autorités locales ont, par ailleurs, fait savoir que la station et la circulation sont provisoirement interdites, l’arrêt des bus ayant été transféré à la rue adjacente mise en double sens afin de détourner la circulation vers l’avenue Mohamedi.
Quant au second éboulement enregistré mardi Alger, il s’agit également de la chute d’un pan de falaise au niveau de la pénétrante entre Garidi et l’hôpital Drid-Hocine. Une habitation de plusieurs étages qui surplombe la route est «en péril», a précisé M. Rahmani, tout en ajoutant que les occupants de cette habitation ont été évacués sur décision du wali-délégué de la circonscription administrative d’Hussein Dey. Quant aux mesures de sécurisation de la zone, il s’agit pour le responsable de lancer l’expertise de la construction par les services spécialisés du CTC de la wilaya, la DPT travaille quant à elle à «faire face» à cet effondrement rocheux en érigeant des murs de soutènement. L’objectif serait, en effet, «de permettre aux automobilistes de circuler librement» sur cet axe particulièrement fréquenté. Et dans cette logique, le responsable, qui précise que les communes de Bouzeréah, de Kouba, d’Alger centre et de Bab El Oued ont été les plus touchées depuis le début des intempéries, a ajouté hier que tous les services de la wilaya d’Alger, notamment de la DTP, de la Seaal, d’Asrout (maintenance des réseaux d’assainissement) et de nettoyage (Netcom) ont été mobilisés ; les services des Ressources en eau étudierait également la «révision» de tous les systèmes et canalisations d’évacuation des eaux pluviales au niveau de la capitale.

Mouvement partiel dan le corps des walis
Le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire a annoncé, hier, mercredi dans un communiqué, un mouvement partiel dans le corps des walis, opéré après l’aval du président de la République. En vertu de ce mouvement, ont été nommés Messieurs:

  • Aboubekeur Seddik Bouceta, wali de Tipaza.
  • Mustapha Aghamir, Wali de Ouargla.
  • Ahmed Belhadad, Wali d’Illizi.
    (APS)