Par Feriel Nourine
L’importance des liens historiques entre l’Algérie et l’Italie, l’appartenance des deux pays à la même région ainsi que l’intégration entre eux dans de nombreux secteurs ont été mises en évidence par l’ambassadeur d’Italie en Algérie, Giovanni Pugliese. Ce dernier estime que ces paramètres constituent le socle au partenariat « exceptionnel » algero-italien.
« Les fondements du partenariat exceptionnel entre l’Italie et l’Algérie se trouvent en partie dans l’histoire, mais aussi dans l’appartenance commune à la région méditerranéenne, et dans l’intégration entre nos deux pays dans de nombreux secteurs », a affirmé le représentant de la diplomatie italienne en Algérie, dans une interview accordée à El Khabar.
« Certes, le partenariat dans le secteur de l’énergie est l’un des principaux piliers et la pierre angulaire des relations bilatérales, et celui-ci a également une dimension historique profonde (rappelons que le gazoduc « Transmed » est en service depuis 1983), mais l’objectif reste comment assurer le renforcement du partenariat à court terme », a-t-il ajouté, rappelons qu’« en 2021, l’Algérie avait couvert 22% des besoins en gaz de l’Italie, et au premier trimestre de cette année, elle est devenue notre premier fournisseur dans le domaine ou le fournisseur principal ».
Evoquant les relations commerciales et industrielles entre les deux pays, M. Pugliese les a jugées « très fortes », notant « la présence historique et étendue des entreprises italiennes en Algérie.
Dans le cadre d’accords régionaux et internationaux, l’intervenant relève également une coopération soutenue. Laquelle porte sur « la lutte contre le commerce illégal, la lutte contre le terrorisme, ainsi que la préservation du patrimoine culturel ou la protection du patrimoine méditerranéen commun, et la lutte contre le changement climatique ».
« L’Algérie reste pour nous un partenaire majeur dans le monde », insistera l’ambassadeur italien.
Si la coopération énergétique entre l’Algérie et l’Italie est au beau fixe, notamment après le contrat fraîchement signé entre Sonatrach et Eni pour le renforcement des approvisionnements de gaz algérien, la coopération bilatérale dans d’autres domaines n’est pas encore hissée à la dimensions des relations exceptionnelles qui lient les deux pays. Interrogé sur cette question, M. Pugliese a expliqué que la première session du Dialogue stratégique (qui est un important mécanisme de consultation établi en décembre 2020), qui s’est tenue à Rome le 29 mars, « a souligné à quel point le partenariat entre l’Italie et l’Algérie est global, avec une grande profondeur des relations dans plusieurs secteurs ».
En ce sens « divers secteurs d’intérêt commun seront explorés lors des réunions de la commission mixte qui se tiendront à Alger les 18 et 19 juillet, comme annoncé lors de la récente visite du Premier ministre Mario Draghi. Bien sûr, nous travaillons déjà sur plusieurs accords qui pourront être signés à cette occasion », a-t-il annoncé.
Abordant le volet investissement, l’interviewé rappellera la forte présence italienne dans le secteur des hydrocarbures en Algérie, à travers le groupe Eni. Il citera, en outre, les opportunités d’investissement dans la sidérurgie, la défense ou, plus récemment, dans les énergies renouvelab.
« Il est vrai que le volume des investissements italiens en Algérie pourrait être supérieur à ce qui existe, et nous nous engageons à faciliter son augmentation, c’est pourquoi nous suivrons avec intérêt les développements dans la mise en œuvre de la nouvelle loi sur l’investissement, dans l’espoir qu’elle conduira à une amélioration du climat des affaires, notamment au regard des démarches administratives et bureaucratiques pouvant imposer des contraintes aux Investissements en phase d’achèvement », a-t-il souligné, reconnaissant que, néanmoins, « il y a eu des évolutions positives ces dernières années, comme le contournement de la règle du 51/49, qui est désormais limitée aux seuls secteurs stratégiques ».
« Nous sommes convaincus que nous devons continuer à travailler dans ce sens afin de développer globalement les capacités économiques dont dispose l’Algérie, qui sont encore largement inexploitées. L’Italie reste pleinement disposée à soutenir l’Algérie dans cette entreprise », ajoutera encore le diplomate. n