Composée de près de quatre-vingt personnes, issues de France, de Belgique, de Suisse et d’Espagne, dénommée « Caravane de la fidélité », ou « Quafilate El Wafa » en arabe, une délégation mêlant gens de lettres, de culture, d’art, de sciences et de technologie de diverses nationalités, dont une bonne partie est issue de la diaspora algérienne et de Pieds noirs, arrivera à Ghardaïa le 29 avril pour
un séjour qui durera jusqu’au 4 mai 2018.

Soixante-neuf d’entre elles viennent de treize villes de l’Hexagone, Marseille, Franche-Comté, Lyon, Montpellier, Toulouse, Montélimar, Valence, Bordeaux, Paris, Nantes, Rennes, Châteauroux et Angoulême. Pour le reste, soit sept personnes, deux viennent de Suisse, trois de Belgique et deux d’Espagne. Conduits par Salim Chaâbna, journaliste à la Télévision nationale, issu de la communauté nationale à l’étranger et député (2e mandat), représentant la communauté nationale en Europe, les membres de la caravane, qui arriveront dans la vallée du M’zab dimanche en soirée, poseront leurs valises et crècheront pendant tout leur séjour dans la splendide résidence éco-agro-touristique, unique en son genre par sa conception et surtout son mode de fonctionnement multi-sectoriel, dénommée « Aghlan Paradise », située dans la luxuriante palmeraie de Beni Izguène. Pendant le dîner, un film retraçant l’histoire de la région à travers les âges sera diffusé à leur intention. Un historien, reconnu ès qualités, chargé de la narration, répondra à toutes les éventuelles questions qui lui seront posées. Le lendemain, la matinée sera consacrée à une visite à la Chambre de l’artisanat et des métiers, où des artisans exposeront leurs produits en laine, des tapis, de dinanderie, de poterie, de vannerie, etc. dont certainement beaucoup de pièces ne resteront pas sur place après le passage de la caravane. Cette dernière prolongera de 9 km vers le K’sar d’El Atteuf, première cité fondée dans la vallée du M’zab par les Ibadites, il y a près de onze siècles, où un déjeuner traditionnel l’attend. En sus de sa célèbre mosquée Cheikh Sidi Brahim, vieille de 700 ans, connue aussi pour avoir, par son plan modeste, ses arcades moulées et ses niches murales, inspiré le Corbusier lors de l’édification de la chapelle Notre-Dame-du Haut à Ronchamp, près de Vesoul. L’après-midi sera consacrée à une visite au siège de l’évêché catholique du diocèse de Laghouat-Ghardaïa, où la présence des Pères blancs remonte à 1884, alors que les Sœurs missionnaires de Notre-Dame-d’Afrique, fondée aussi par le Cardinal Lavigerie) ne se sont installées dans le diocèse qu’en 1892. Le fameux Centre culturel et de documentation saharienne (CCDS), qui renferme un véritable trésor, jalousement gardé et magnifiquement entretenu, qu’est la bibliothèque (ou fonds documentaire), mais aussi la très riche photothèque qui, rétrospectivement, remonte à des témoignages photographiques de plus d’un siècle d’histoire anthropologique de la région et de ses environs sera visité. Cap ensuite sur le Ksar de Beni Izguène, exactement au souk de « Lalla Aâchou », où existe encore, et ce depuis des siècles, le seul marché à la criée. Il sera ainsi impossible de ne pas apercevoir, pour ceux qui ne grimperont pas jusqu’au sommet du Ksar, la tour de guet, dont la légende laisse entendre qu’elle aurait été bâtie en une nuit. Ce qui lui confère l’appellation en arabe « Bouleïla ». Ksar Tafilelt, véritable merveille, par sa conception architecturale, respectueuse de la tradition en termes d’utilisation de matériaux locaux et de respect de la nature et des formes architecturales traditionnelles, et son prolongement par un éco-parc animalier original, seront certainement l’un des clous des découvertes qu’auront à faire les membres de cette caravane qui dîneront sur place au coucher du soleil. Le mardi 1er mai, visite des lieux historiques et mémoriels de la cité antique de Guerrara, à 120 km au nord-est de Ghardaïa, où le groupe déjeunera avant de bifurquer vers la ville des thermes, Zelfana, à 70 km au sud de Ghardaïa, avant de continuer vers Ghardaïa et se diriger directement, pour un dîner, accompagné d’activités culturelles et artistiques, vers Touzzouz, dans la grande palmeraie située à 2 km en amont de la ville. Elle est, et de loin, avec ses 60 000 palmiers, la plus luxuriante palmeraie de la pentapole du M’zab. En été, elle se donne des allures d’une véritable ville, car durant la saison chaude, des familles entières s’installent en quête de fraîcheur.

Tradition, histoire et mémoire
Le mercredi 2 mai, la caravane visitera le site de production d’Energical, une grande entreprise industrielle privée dans la zone industrielle de Gar-Ettaâm, puis se rendra, sur le promontoire de Sidi Abbaz, à proximité de « Sid El Moustadjab », à la clinique privée « Les Oasis », avant de poursuivre vers la Zone des sciences pour aller à la rencontre des étudiants de l’université de Ghardaïa, à Noumérat, face à l’aéroport Moufdi-Zakaria. L’après-midi, toute la caravane sera l’hôte du wali de Ghardaïa, Azzedine Mechri, qui sera entouré des membres de son exécutif et des responsables des corps de sécurité. Après une ballade dans les dédales de la vieille ville de Ghardaïa, dont la mosquée et son minaret pyramidal très allongé domine toute la cité, et sa place du marché et ses marchands de dattes, de cacahuètes, de dinanderie, de tapis et de toutes sortes d’étals aux couleurs chatoyantes, retour à la résidence de la wilaya pour un dîner offert en son honneur par Hadj Mihoub Sidi Moussa Mohamed, le directeur de la culture de la wilaya de Ghardaïa. Le jeudi 3 mai, direction Seb Seb, région agro-pastorale, célèbre pour ses cacahuètes, où ils se reposeront dans le magnifique caravansérail touristique d’Ouled El Haddar, à 65 km au sud de Ghardaïa. Là, ils s’offriront un véritable moment de détente et d’évasion sur les dunes dorées sur lesquelles ils pourront pratiquer du ski sur sable, des escalades à bord de quad ou s’offrir une promenade à dos de dromadaire ou de cheval barbe arabe. Le déjeuner sera servi à Metlili, le berceau de la tribu des Châambas. L’après-midi, veille du départ et donc de la fin de la belle escapade, c’est quartier libre pour tout le monde avant le dîner, suivi d’une soirée artistique dominée par le folklore local. Vendredi 4 mai, départ vers la capitale après une belle tournée dans cette magnifique région et sa population à la légendaire hospitalité, jamais démentie.
A l’origine de cette initiative, Samir Chaâbna, journaliste producteur de l’émission « Sans Visa », représentant de la communauté nationale en Europe, dont l’attachement viscéral à son pays, l’Algérie, n’est plus à démontrer. Il est à féliciter à plus d’un titre, notamment pour le choix du circuit et sa perspicacité pour la réussite de cette caravane.