L’agression a eu lieu lundi vers 21 heures dans le quartier de Touzzouz et, selon les premières indications recueillies auprès de personnes qui accompagnaient le blessé à l’hôpital Dr Brahim-Tirichine de Sidi Abbaz : elle a été commise par un groupe de 3 à 5 individus.

de Ghardaïa, O. Yazid
La victime, un enfant de 10 ans qui était assis devant la porte de son domicile, a été surpris par un jet de cocktail Molotov qui l’a brûlé, selon un infirmier de l’hôpital, au niveau des mains et des pieds. Rapidement évacué vers les urgences médicochirurgicales, il a été pris en charge par l’équipe de garde. Boualem Amrani, le wali de Ghardaïa, fraîchement installé, s’est rendu au chevet du blessé et s’est enquis de son état. Même s’il est prématuré de tirer des conclusions sur les auteurs de l’attaque, il reste évident qu’elle ressemble étrangement aux actes déjà commis dans cette même portion de territoire de la commune de Ghardaïa, comprise dans le triangle Tighouza, Akhelkhal et Touzzouz, dans l’oasis nord, appelée communément El Ghaba, menant vers la commune de Dhaïa Ben Dahoua. Et c’est étrangement dans ce même périmètre que se sont déroulées les deux dernières agressions enregistrées, toutes deux commises au cocktail Molotov. La première, le 20 avril 2016, lorsqu’un bus de l’Entreprise publique de transport urbain (Etug), reliant la commune de Ghardaïa à celle de Dhaïa Ben Dahoua, à une dizaine de kilomètres au nord du chef-lieu de wilaya, a été attaqué à coups de cocktails Molotov et de pierres par une bande portant, selon des témoins et les occupants du bus, des masques, type «Anonymous». L’attaque s’est déroulée à Tighouza, en plein virage très incliné, entre Akhelkhal et Touzzouz. Très rapidement, les forces de police, positionnées aux alentours de cette portion de territoire fortement boisée, notamment en palmiers, se sont lancées à la recherche des agresseurs qui seraient, selon les victimes entre 5 et 6 jeunes hommes. La seconde attaque, au même endroit et selon le même mode opérationnel, a eu lieu le 20 juillet 2016, lorsqu’un un automobiliste a été attaqué et son véhicule incendié par un cocktail Molotov. Les présumés agresseurs dans les deux affaires ont été arrêtés et présentés à la justice. Et voilà que plus de trois ans après, une autre agression et ce deux jours après la départ de l’ancien wali Azzedine Mechri, qui avait à gérer pendant près de cinq ans le très sensible dossier des affrontements intercommunautaires qui avaient ensanglanté la région. Aujourd’hui que la paix et la sécurité sont revenues dans la région, est-ce vraiment la bête immonde qui se serait réveillée ou tout simplement une affaire de droit commun maquillé en agression intercommunautaire ? C’est la question que les citoyens de cette belle région, qui aspirent à vivre en paix, se posent. Les services de sécurité, qui se sont rapidement emparés de l’affaire, ont ouvert une enquête pour déterminer exactement les dessous de cette affaire et démasquer ses auteurs. n