En cette matinée du vendredi 6 avril, il y a excessivement de monde et, bien entendu, de voitures sur l’aire de stationnement de l’aéroport Moufdi-Zakaria de Ghardaïa pour accueillir les parents de retour de la omra.

Il y en a tellement que le parking s’est avéré bien exigu pour toutes les contenir. Beaucoup de conducteurs n’ont eu de solution que de se garer, certains sur les vertes plates-bandes, d’autres carrément sur l’espèce de large et très bas trottoir. Ils sont là par centaines, venus de Ghardaïa et, au vu des plaques minéralogiques, des wilayas limitrophes, Laghouat, Ouargla, El Bayadh, etc. Arborant sur le toit de leurs véhicules l’emblème national, ils attendent, avec femmes et enfants, leurs proches et parents, revenus d’une omra (petit pèlerinage) aux Lieux-Saints de l’Islam. Le gros porteur d’Air Algérie était déjà  sur le tarmac de l’aéroport Moufdi-Zakaria de Noumérat à Ghardaïa, alors qu’un ATR 72 de la compagnie nationale s’apprêtait à prendre son envol sur Alger. Cependant,  dans toute cette euphorie et cette cacophonie bon enfant, il y avait un hiatus. Beaucoup de conducteurs « râlaient » contre le tarif du ticket de parking pratiqué par l’Entreprise de gestion des services aéroportuaires (EGSA). « Au tout début, le parking était gratuit, avant qu’il ne soit cédé à un privé qui avait fixé le prix d’accès et le stationnement à 50 DA la journée », souligne Slimane, un taxi de Ghardaïa, habitué des lieux. « Lorsque le privé est parti, le parking est revenu à la case départ, c’est-à-dire accès et stationnement gratuit. Et voilà, qu’aujourd’hui, l’EGSA, qui a repris la gestion de ce parking, double carrément le prix sans pour autant, en contrepartie, améliorer en quoi que ce soit les prestations attendues, telles que les sanitaires qui sont dans un piteux état, le ramassage des ordures de toutes sortes jonchant le sol, surtout sur le peu de verdure qui s’y trouve. Et que dire de l’état lamentable de certains bancs, censés accueillir les personnes en quête de repos ? Certes, le cadre est beau, mais l’entretien laisse à désirer. Par ailleurs, de quel gardiennage s’agit-il lorsque, dès que vous pénétrez dans l’aire de stationnement, vous ne voyez aucun gardien ? Les deux seuls éléments en vue sont ceux, vêtus de gilets fluorescents, qui vous attendent sur le seuil du parking pour vous tendre, et avec le sourire s’il vous plaît, un ticket à 100 DA.
Rien  ne vous garantit que votre voiture soit en sécurité, même si, il faut le souligner, l’aéroport est truffé de caméras de télésurveillance ». Ce qui a fait dire à Mohamed, jeune universitaire, venu attendre sa mère revenue de la omra : « C’est carrément des prix à la limite du prohibitif. Toutes proportions gardées, je compare les gestionnaires de ce parking aux « parkingueurs » illégaux. Ils ne diffèrent pratiquement en rien, sauf qu’eux, ils enfilent l’habit de la légalité. En un mot, et excusez-moi du terme même s’il est un peu fort, c’est tout simplement du racket. »