Initialement prévu pour le 30 novembre passé, et décalé pour cause de coïncidence de date avec la célébration du Mawlid Ennabaoui Echarrif, le regroupement régional des wilayas du Sud, consacré à la mise en œuvre des programmes intersectoriels hydro-agricoles, pour le quinquennal 2015/2019, troisième du genre tenu cette année, après celui qui a eu lieu à Mila, le jeudi 9 novembre 2017 -qui a regroupé les wilayas de l’est et du nord-est- et le 2e regroupement, qui a concerné les wilayas de l’ouest et du nord-ouest, tenu à Sidi Bel Abbès le 16 novembre 2017, s’est finalement tenu mardi à Ghardaïa.

Pas moins de dix wilayas (Adrar, Ghardaïa, Béchar, Tindouf, Ouargla, Tamanrasset, Illizi, El Oued, Biskra et Laghouat) et dix wilayas déléguées (Timimoune, Bordj Badji Mokhtar, Beni Abbès, Djanet, In Salah, El Menéa, El M’ghaier, Ouled Djellal, Touggourt et In Guezzam), étaient présentes à ce rassemblement pour des espèces d’états généraux de l’agriculture et de l’hydraulique dans ces régions. « Nous sommes là pour, d’abord faire un diagnostic de l’état de ces deux secteurs, en prenant en considération la spécificité hydrologique et climatologique de chaque région, et d’apporter notre soutien à tous les investisseurs dans le domaine de l’agriculture », a déclaré en préambule de l’ouverture, à la salle de conférences du siège de la wilaya, Kamel Chadi, le Secrétaire général du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche. Ce qu’appuiera son alter égo du ministère des Ressources en eau, El Hadj Belkateb, en affirmant qu’« il n’y a point d’agriculture sans eau. C’est deux secteurs qui s’associent pour un développement optimal de l’agriculture pour d’abord arriver à une autosuffisance alimentaire et, d’autre part, dégager des surplus pour l’exportation. Les indicateurs sont positifs à ce sujet ». Initiée donc conjointement par les ministères de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche et des Ressources en eau, ce regroupement régional, qui concerne tous les directeurs des services agricoles, les directeurs des ressources en eau, les directeurs de la pêche et des ressources halieutiques, les directeurs de l’énergie, les conservateurs des forêts et les secrétaires généraux des chambres d’agriculture des wilayas, à travers lequel les intervenants ont consacré cette journée à l’examen de la problématique de mobilisation de la ressource en eau dans chaque wilaya, vise, selon le communiqué de presse, à évaluer la mise en œuvre des programmes de chaque wilaya et la mise en place d’un plan d’action décliné par année sur la période 2017-2022. De cette rencontre, et ce au travers des bilans et des actions envisagées pour ce prochain quinquennat, émergera une situation claire sur l’état d’exploitation des superficies irriguées existantes, l’évolution de nouvelles superficies irriguées, l’utilisation des eaux usées épurées en agriculture, l’irrigation d’appoint des céréales, la concession des terres agricoles (réalisation des actions structurantes) électrification, pistes, etc.), la promotion de l’économie de l’eau au niveau des parcelles, l’agri-aquaculture et le traitement des bassins versants. Ce qui renvoie au fameux programme d’irrigation et d’économie de l’eau à travers l’élargissement du périmètre agricole irrigué, qui est actuellement à 1,3 million d’hectares, pour l’amener à 2 millions d’hectares. Tel est, nous dit-on, l’objectif principal tracé par le département de l’agriculture. Un programme soutenu par le gouvernement algérien, pour sauver ce secteur face aux changements climatiques défavorables. C’est aussi le but d’un programme national soutenu par le département de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, en collaboration avec le ministère des Ressources en eau, qui œuvrent ensemble à le concrétiser à travers la mise en place de toutes les dispositions nécessaires en matière d’équipements. Dans leurs interventions, les secrétaires généraux des ministères de l’Agriculture et des Ressources en eaux, Kamel Chadi et El Hadj Belkateb, ont mis en exergue la nécessité de rationaliser l’utilisation des eaux souterraines et des eaux épurées. Ils soulignent que le volume des eaux usées épurées est de 400 millions de mètres cubes, sur une quantité de 800 millions de mètres cubes existantes, mais le volume exploité est estimé à 50 millions de mètres cubes seulement, que les fellahs utilisent. «Notre objectif est d’inciter les agriculteurs à adopter ce moyen d’irrigation que l’Etat offre gratuitement», dira le secrétaire général des Ressources en eau. D’après le même responsable, un périmètre de 253 000 ha irrigués par le ministère des Ressources en eau est déjà en activité et 183 000 ha sont en cours de réalisation. «Actuellement, on escompte dans cette rencontre assurer une complémentarité entre les deux secteurs, pour atteindre une meilleure gestion de la moindre goutte d’eau, et on encourage le fellah à utiliser tous les moyens qu’on lui offre pour arriver à des résultats satisfaisants», ajoute le même responsable. L’utilisation de techniques d’irrigation économe permettra de préserver les eaux souterraines évaluées à 7 milliards de mètres cubes, précise l’orateur. «L’irrigation des terres agricoles productives de céréales figure parmi les points essentiels des deux secteurs, car le but est d’atteindre l’irrigation de 600 000 ha. Aujourd’hui, seule une superficie de 200 000 hectares est déjà irriguée. Si nous arrivons à atteindre nos objectifs, et pourquoi pas puisque tous les paramètres tendent vers le succès, avec une moyenne de 50 quintaux de céréales produits par hectare, on peut réaliser un taux de 30 millions de quintaux de blé dur, soit une autosuffisance qui nous évitera l’importation de l’étranger», dira Kamel Chadi. Il ajoutera : « Le programme national cible, par ailleurs, la production de l’aliment de bétail sur une superficie de 200 000 hectares irrigués, pour la production laitière.» En marge de la journée d’information et de réflexion, une cérémonie de remise d’attestations de présélection aux investisseurs potentiels et la présentation de leurs programmes de mise en valeur a eu lieu au niveau de l’exploitation agricole Habib-Lahbib, à une quarantaine de kilomètres au sud de Ghardaïa, cérémonie à laquelle la presse n’a pas été conviée et même maintenue à distance. Why ?