De Ghardaïa, O. Yazid
Située en plein centre-ville de Ghardaïa, la gare routière, communément appelée gare SNTV, généralement grouillante de monde et surtout très fréquentée par toute une population interlope la nuit, notamment les SDF, est, depuis sa fermeture totale par les autorités par mesure de protection contre la propagation du coronavirus, un lieu désert, lugubre et totalement abandonné sans aucune surveillance. Et c’est apparemment ce qui a dû inciter, pour ne pas dire encourager, un jeune de 20 ans à tenter le diable en allant de nuit fracturer la porte d’un kiosque situé à l’arrière de l’entrée principale de la gare routière, à l’abri des regards. Il « se sert sans modération » en s’accaparant de plusieurs téléphones portables, d’un lot d’accessoires pour téléphones portables, de plusieurs flacons de parfum et de puces téléphoniques personnelles du propriétaire du kiosque. Informés le lendemain du vol par le propriétaire du kiosque qui était venu déposer plainte, les éléments de la Police judiciaire de la Sûreté de wilaya de Ghardaïa entament tout de suite l’enquête pour démasquer le (ou les) auteur(s) du vol par effraction. Ils n’ont pas tardé à identifier le jeune auteur du vol qui sera appréhendé en plein centre-ville et conduit dans les locaux de la police judiciaire pour interrogatoire. Ce dernier, n’ayant pas d’antécédents judiciaires, avoua en être l’auteur et d’avoir caché chez lui tout ce qu’il a volé. Alors munis d’un mandat de perquisition délivré par le Procureur de la République près le Tribunal de Ghardaïa, les limiers de la police judiciaire effectuent une perquisition au domicile du jeune voleur où, effectivement, ils retrouvent tous les objets volés ou presque. En effet, lorsque le propriétaire du kiosque a été appelé pour reconnaître ses biens, il fera remarquer qu‘il manque un téléphone portable neuf, ce à quoi le voleur reconnaît l’avoir vendu à un jeune de son quartier. Immédiatement arrêté, l’acheteur, âgé de 23 ans, sur lequel le portable volé a été retrouvé et reconnu par son propriétaire, a affirmé qu’il ne savait pas que c’était un appareil volé. Son voisin de quartier qui lui avait vendu l’appareil n’était pas connu comme voleur, ni délinquant et que par conséquent il le lui a acheté en toute confiance. Présentés tous deux devant le Procureur de la République près le Tribunal de Ghardaïa, ils ont été déférés devant le magistrat instructeur. Le jeune voleur a été placé sous mandat de dépôt à la prison de Châabet Ennichène de Ghardaïa pour vol par effraction de nuit, alors que l’acheteur a été libéré, le juge reconnaissant sa bonne foi.