Accompagné de Hacène Lebbad, le nouveau secrétaire général de la wilaya, du P/APW, Omar Daddi Addoune, et de quelques membres de l’Exécutif, Boualem Amrani a consacré, jeudi, sa première sortie à la wilaya déléguée d’El Menéa et ses deux communes El Menéa et Hassi
El Gara, à 270 km au sud du chef-lieu de wilaya, ainsi qu’à celle de Hassi Lefhel, également dépendante de la wilaya déléguée d’El Menéa, à 120 km de Ghardaïa.

dE Ghardaïa, O. Yazid
Une vingtaine de points étaient, au départ, inscrits sur le programme remis à la presse, mais revu à la baisse puisque quelques-uns ont été sautés en cours de visite. Accueilli sur place par Aïssa Aïssat, le wali délégué d’El Menéa, la délégation a entamé sa tournée par une visite à l’hôpital Colonel Mohamed-Châabani où un exposé de l’état des lieux a été présenté au wali, notamment la fiche technique du projet de réalisation et d’équipement d’un pavillon des urgences médicochirurgicales, constitué d’un bloc abritant des salles de consultation, de radiologie, d’un laboratoire d’analyse, d’un bloc opératoire et d’administration et devant être implanté sur une surface foncière de 3 910 m2 , dont
2 356 m2 comme surface plancher, le tout pour un coût prévisionnel de 300 millions de DA avec un délai prévisionnel de réalisation de 24 mois. Même si, techniquement, l’étude en elle-même est intéressante et que par ailleurs le pavillon des urgences actuel de l’hôpital Colonel Mohamed-Châabani ne répond plus aux besoins de l’heure, c’est le choix du terrain qui devrait accueillir le projet qui a provoqué des réticences compte tenu que c’est une palmeraie et qu’il faudrait donc soit abattre des dizaines de palmiers, soit les déterrer et les replanter ailleurs. Une décision à ce sujet sera prise ultérieurement après avoir étudié toutes les possibilités existantes. Ce fut ensuite le centre de néphrologie, implanté dans l’enceinte de l’hôpital, disposant de 14 lits et d’autant de postes d’hémodialyses dont deux en panne qui a fait l’objet de la visite du wali et de ses accompagnateurs. Constatant de visu l’exiguïté des lieux et donc l’impossibilité dans ces conditions d’accueillir plus de malades en dialyses, il a été décidé de transformer le projet du centre de désintoxication du quartier de Belbachir, une belle bâtisse finie mais inexploitée, en centre de néphrologie et de l’équiper de plus de postes d’hémodialyses afin de répondre aux besoins des malades de la région dans de meilleures conditions. A quelques centaines de mètres de là, c’est l’état de dégradation avancé de la pelouse en gazon synthétique et de l’éclairage du seul stade de football de la wilaya déléguée qui a fait l’objet d’une attention particulière du wali qui a ordonné de relancer le dossier de classement de ce stade en stade communal et non en stade de proximité pour faire avancer le dossier de réhabilitation en haut lieu et donc de dégager les fonds nécessaires à même de remplacer la pelouse et de mettre en place un éclairage adéquat à la pratique sportive nocturne. La première laiterie créée en mai 2016 et mise en exploitation dans cette wilaya déléguée, appartenant à l’investisseur Mahmoud Hadjadj, dénommée « Laiterie Vieux Ksar », produisant du lait et ses dérivés et donc répondant aux besoins de la population locale grâce à une quantité de 100 000 litres de lait collectés mensuellement, pour un cheptel bovins de 172 têtes, a aussi fait l’objet d’une visite avant celle du projet de dédoublement de la RN1 sur 19 km entre le PK 864 et le PK 883 dont
10 km en dédoublement pour un montant de 384 832 000 DA. Ce projet ayant atteint un avancement de l’ordre de 45 % et qui avait connu une période d’arrêt de 8 mois pour manque de crédits de paiement, les travaux reprennent à une bonne cadence. Le lycée Bakraoui-Mohamed, ouvert en septembre 2018, constitué de 16 classes pour 346 élèves, dont 149 filles, encadrés par 34 enseignants, a été choisi pour faire le point sur l’état du secteur de l’éducation dans la wilaya déléguée d’El Menéa qui dispose de pas moins de 59 structures dont 38 écoles primaires, 14 collèges et 7 Lycées. Dans la commune de Hassi El Gara, le wali et sa délégation ont été reçus par des citoyens en colère contre la dégradation avancée de leur polyclinique mais surtout par l’absence de médecins spécialisés et d’équipement adéquat. Ils ont attendus le wali devant l’entrée de cette polyclinique criant leur rage.
Des citoyens en colère
Le wali les a longuement écoutés promettant de prendre les décisions qui s’imposent pour améliorer la situation de cette importante infrastructure sanitaire. Il a d’ailleurs décidé de provoquer une réunion en cours de la semaine, consacrée uniquement aux problèmes de cette wilaya déléguée, promettant de faire participer à cette réunion qui aura lieu au siège de la wilaya des représentants de la société civile et des associations d’El Menéa, ce qui a plus ou moins tempéré la colère des manifestants. Le rejet des eaux usées et des problèmes d’assainissements de certains quartiers a aussi fait l’objet de contestations de certains habitants qui ont été reçus par le wali qui les a assurés de prendre en charge ce problème de santé publique. L’état catastrophique de l’école primaire Cheikh Taroudi du quartier Eddoui, dans la commune de Hassi El Gara, a aussi retenu l‘attention du wali qui a exprimé son refus de voir des élèves scolarisés dans de pareilles conditions. Il a ordonné aux responsables de très rapidement procéder aux réparations et aménagements nécessaires pour permettre à ces écoliers de poursuivre leur scolarité dans de meilleures conditions. Après un tour d’inspection au nouveau pôle qui vient de bénéficier d’une levée de gel, la délégation, sur le retour vers Ghardaïa, a fait une halte à Hassi Lefhel, où elle a inspecté les projets de la piscine de proximité, du stade communal et du centre de soins de cette commune. Région agricole par excellence, véritable grenier à grains pour le pays, la wilaya déléguée d’El Menéa, longtemps marginalisée à haut niveau, selon Dahou Ould Kablia, ex-ministre de l’Intérieur lors d’une de ses visites à l’époque en compagnie de Noureddine Moussa, nécessite une véritable prise en charge et des programmes de remise à niveau de toutes les structures dans tous les secteurs. Il ne suffit pas de créer des directions déléguées et de « bombarder » certains de titres de directeurs délégués pour croire que l’on a atteint le Graal, loin s’en faut. Un véritable « Plan Marshall », en fait, est nécessaire pour faire véritablement décoller cette wilaya qui possède d’importantes potentialités. Il suffit de se pencher sérieusement sur ses problèmes, de bien les diagnostiquer et d’y apporter les remèdes nécessaires en désignant sur place les compétences adéquates et non les copains ou ceux dont on veut se débarrasser localement. n